Chuis sur la ligne orange, direction Côte-Vertu, je m’en vas à Carré-Victoria. On est jeudi matin, il est neuf heures dix-sept précises, chuis en retard. Le métro vient juste de partir de la station Beaubien. Chuis deboutte, évidemment. Mon équilibre est débalancé à cause de la cochonnerie que je me suis poppée hier. Tantôt en fait. Faque poqué de même, chuis agrippé solide après la pole. J’ai mal au cœur pis je sais — oh oué que je le sais — que la curv ent’Berri pis Champ-de-Mars sera pas le fun. C’est déjà super jampacked. Sur ma queue, je sens les rondeurs du cul de la super chick devant moé. Une black. On peut s’orgarder dins yeux facile dans le reflet de la vitre de la porte si on se donne un peu la peine. Mais t’sais… Admettons que chuis pour vomir ça va être sur elle. Just too bad. Parlant de vomir, ça m’a pris max trois gorgées pour envalé mon café Tim Horton tantôt. Il m’ormonte au travers le gorgoton à chaque escousse de wagon. Rosemont. J’ai « Ready to Uff » dans tête. Ça lit tout partout autour de moé, du Patrick fuckin Sénécal, des histoires de dragons pis de princesses ou bin des travaux scolaires, des maths, de la bio, n’importe quoi… Pas une seule chick avec ma prison de poupées ent’les mains. Laurier. En entrant, un average joe crisse son case de guitare direct dans ploune de ma soupeur black chick. Ça semble pas la faire chier trop trop, telle une fuckin pute ready à se faire double-boner avant midi ! Mont-Royal. J’ai dormi quarante-cinq minutes max, mais je me souviens de mon rêve. Oh ! Toi pis moé, on se cherchait une place où fourrer. Une place discrète, à l’abri des rgards. On a finalement opté pour le cul slaqué de Belladonna. On est allé s’y enfouir bin au chaud. Sherbooke. On s’entasse une coche de plus. J’enfonce ma queue de plus en plus dans le booty de la chick. À proximité de moé, assis sur les sacro-saints sièges, il y a un couple qui se partage un yogourt Activia. Ils sont après s’assurer de chier synchro au break de dix heures. Berri. La super chick débarque, ça laisse un filament gomeux entre son cul pis mon pénis. Pendant que la population switch, j’en profite pour mitrailler une rafale de vieux pets en allant m’assir. Je compte sur un mouvement d’air efficace, un genre de succion, mais ç’a pas l’air de fonctionner, quand on orpars, le wagon embaume ma brosse de la veille. Je m’excuse à voix haute juste pour saprer un malaise… Je sapre un malaise. Ils étaient visiblement pas enclins à connaître le coupable. L’hostie de curv arrive, je commence à voir des picots blancs, mais chuis luckeux pis la nausée me passe fouille-moé pourquoi. Champ-de-Mars. Le métro passe tout droit. Ça proteste dins rangs jusqu’à ce qu’on nous informe par l’intercom qu’une situation hors de leur contrôle les empêche d’arrêter. La situation hors de leur contrôle justement apparaît dans not’wagon : un homme armé arrive en trombe par la porte avant. Il est tout en sueur, la frayeur stampée dans face. Il bouscule les passagers en traversant le wagon, vieilles madames, femmes enceintes, handicapés, name it, pas de discrimination. On comprend vite pourquoi il capote ainsi quand surgit un énorme centipède, une bébitte d’une dizaine de pieds de long. Coups de feu. Panique. Giclées de sang. Je ferme mes yeux, si je peux récupérer trois minutes de sommeil, ça va d’être ça de pris. Place d’Armes. Le métro stop. Une équipe d’intervention en catastrophes débarque. Ils ramassent les cadavres, sauvent des vies. L’homme armé est pris en charge par la STM. Des biologistes viennent récupérer la carcasse du centipède géant, ils s’excusent auprès des agents de sécurité, qu’un tel incident n’aurait pas dû se produire, qu’ils orcommenceront p’us juré craché. Pis le métro ordécolle. J’ai toute une journée aujourd’hui, ça va me prendre plus que du café pour toffer. Carré-Victoria. Avant de descendre, je me sniffe une shot un poppers. La ride est finie, je câlisse un coup de pied dans face du sans-abri qui quête dans l’escalier pis je me dis que toute va bin aller. Sinon, il y a toujours YouTube pour me changer les idées.