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PODCASTS

Reportages et entrevues
15 juin 2008
Stéfane Campbell

Après un album qui a occupé, si ce n’est trôner sur, la majorité des listes de fin d’année en 2006 et une réputation de scène qui n’est plus à faire, comment les quatre musiciens de Mastodon abordent-ils la suite des choses? En oubliant les précédents et en poursuivant leur démarche. Humblement. «On fait tout simplement ce que l’on fait de mieux: de la musique. On ne peut tout de même pas commencer à se dire que l’on est sur Warner et que les gens nous attendent et que nous allons être extraordinaires!» Du coup, Troy Sanders (bassiste et vocaliste du groupe) a beau couper court à toute allusion aux pressions qui pourraient surgir, la rigueur de l’homme et de ses comparses en studio n’en demeure pas moins prenante. Après une première semaine tout juste conclue pour l’enregistrement du successeur de Blood Mountain, il nous parle des prémices qui se dessinent.

Clarifions d’abord les rumeurs qui fusent quant au concept de l’opus à venir: le magazine Rolling Stone parlait récemment d’un concept renvoyant à l’époque du souverain russe Ivan IV le Terrible et de la Russie tsariste. «C’est une rumeur que j’ai volontairement répandue en voulant probablement brouiller les pistes mais c’est de la foutaise.» Voilà pour la bourde. Et le bluffeur de poursuivre: «en fait, c’est en train de prendre forme en ce moment. Et chaque séance apporte un lot de nouvelles avenues à explorer. Disons que le canevas est beaucoup plus axé sur le classic rock des années 70 – une vibe très King Grimson ressort de l’ensemble que nous aimons beaucoup. Il y a une pièce qui fait d’ailleurs 14 minutes à elle seule! Mais le gros reste à venir, je ne voudrais pas trop en dire…»

Évidemment, en bon têtu que nous sommes, à peu près tout le reste de l’entretien portera directement ou non sur «l’album dont on ne voudrait pas trop en dire…» (Au risque tout à fait conscient de se faire passer un Rolling Stone). Ainsi donc, la formation reconnue pour des albums conceptuels refera-t-elle le coup une fois de plus? «Ce que je peux affirmer pour le moment est que nous traçons plusieurs parallèles avec nos expériences de vie respectives et non seulement avec l’entité qu’est le groupe. Nous amassons plein d’éléments trouvés par chacun de façon isolée et les amalgamons ensemble pour en faire ressortir quelque chose de plausible, de senti. Afin que tout cela devienne une unité. Je crois que la prochaine étape de notre parcours se situe au niveau du cosmos: une tentative à fendre l’horizon et surpasser le néant.» Laissons l’idée germer.

Plus sérieusement, les doués musiciens sont reconnus pour des structures complexes sur lesquelles rayonnent des penchants tantôt métal, tantôt jazz mais encore, doom, stoner, hardcore, sludge et la liste se poursuit. Cela dit, la proposition – souvent cataloguée de métal progressif – bénéficie au final, et malgré l’affluence de référents, d’une fluidité des plus limpides. «Nous recherchons toujours la subtile oscillation entre les grosses structures techniques et les sonorités très organiques. Nous ne voudrions pas donner l’impression de s’écouter jouer sans un souci à être perceptible. Nous tenons bien plus à honorer un rock très direct – dans la veine des Melvins qui sont de purs génies en la matière. Souvent, nous simplifions certaines parties et le résultat s’en trouve doublement plus lourd. Less is more.» Ce qui démarque le groupe d’Atlanta de la masse de formations du genre réside aussi dans cette approche à la fois cérébrale et sensible qu’ils ont face au médium. «Nous sommes effectivement très pointilleux, nous ne serons jamais du genre à enchaîner les riffs pour l’honneur du rock’n’roll. Nous l’abordons avant tout comme une œuvre en soi et indépendante de tout mouvement. L’écriture devient un exercice très méticuleux et s’aborde comme un réel défi pour tout le groupe. Nous ne prenons rien pour acquis et sommes très pointus sur l’éthique de travail et l’implication de chacun dans l’élaboration des projets. Nous devons rester honnêtes et bien groundés pour que le tout soit des plus fluides.»

Et bien qu’une date de sortie soit encore bien loin dans les plans, pouvons-nous tout de même espérer quelques primeurs au passage de la formation à Heavy MTL? «Nous en jouerons assurément quelques extraits à Bonnaroo [Manchester, TN] et Montréal seront les deuxièmes à entendre ce dont il en retourne.» Ha! (Stéfane Campbell)

www.mastodonrocks.com

21 juin – Heavy MTL (Montréal)

Un commentaire
  1. shakakan dit :

    Ostia! j’ai hâteeeeeeeeeeeeeeeeeeeee!!!!

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