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Héliotrope Sur l’amitié, on a tout dit. Une gonzesse de perdue, c’est dix copains qui reviennent, I don’t wanna be your friend, les copains d’abord, voir un ami pleurer, et j’en passe. Mais sur cette amitié-là, sur cette amitié entre moi et Ginette, entre vous et Claude, qu’a-t-on dit sur ces amitiés-là? Si peu, car on ne fait pas un livre sur un chandail prêté ou un fou rire la bouche pleine de pizza… Eh bien, figurez-vous que si. Martine Delvaux emprunte le chemin le moins fréquenté de la relation amicale, celui du quotidien gouverné par les petites et moins petites choses, pour brosser le portrait d’un grand ami. Ce témoignage se compose de fragments, d’anecdotes, de souvenirs, de bribes de conversation dans lesquels on est à la fois forcés et ravis de se reconnaître. Universel: «Parfois, en cuisinant, […] il saisit un grand couteau, le soulève au-dessus de son épaule et, en imitant le grincement métallique de Hitchcock, fait semblant de le laisser tomber comme dans Psycho.» Cocasse: «Si je le fais rire, parfois, il feint l’étonnement. Il dit: “Tiens, tu es drôle, toi? Mais…depuis quand?”». Tendre: «Au moment de nous quitter au coin d’une rue ou devant une bouche de métro, nous nous retournons encore l’un et l’autre, l’un après l’autre, jusqu’à ce que nos regards se croient une dernière fois. Alors, souriants et émus, nous continuons notre chemin.» À lire tranquillement, en pensant à Ginette ou à Claude.
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