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Reportages et entrevues
30 septembre 2008
Alexis Charlebois-Laurin

Le 4 octobre prochain, MAP va se payer l’Impérial de Québec pour la dernière fois. Pour la dernière fois parce qu’après ce sera la fin. La fin de la formation qui a débuté son aventure en 1995 et qui a trimbalé ses instruments un peu partout au Québec et en France pour donner plus de 400 spectacles en cours de route et pondre quatre albums. Mort annoncé, et malheureuse, d’un groupe de punk rock engagé…

«Y’a pas de stress. De toute façon, j’pense pas qu’on va jammer ben longtemps à soir parce qu’on est revenus de la France il y a deux jours alors on est encore un peu claqués.» C’est ce que me lance le guitariste Chuck Guité alors que je m’excuse de devoir déranger le band un soir de pratique. Le groupe s’est en effet payé la France et la Suisse pour une dizaine de dates avec Guerilla Poubelle avant de se sauver. «C’était malade. L’accueil était vraiment chaleureux. On a aussi constaté que Guerilla Poubelle en France, c’est assez gros. Y’avait du monde au boutte. Puis ce qu’il y a de l’fun, c’est que là-bas les gens embarquent pas mal plus facilement pendant les premières parties.»

Alors est survenue la question plate: qu’est-ce qui fait qu’après 14 ans on se réunit et que les cinq membres se disent: «OK, c’est fini»? «C’est clair que c’est un ensemble de facteurs qui nous a amenés à nous questionner mais en gros c’est parce qu’on trouvait qu’on avait fait le tour de la question avec MAP. On trouvait que ça aurait été dur d’accoter le dernier album si on avait eu à en faire un autre. On voulait essayer d’autres affaires et on trouvait que se renouveler avec MAP, c’était difficile.» C’est déjà pas mal de raisons valables pour arrêter mais il restait la principale. «Notre saxophoniste Guillaume Tardif s’en va en voyage pour un an en Asie et en Australie, alors sans nouvel album et pas de shows pendant au moins un an, on aurait comme sombré dans l’oubli.»

Après avoir mis tant d’énergie dans quelque chose et en être arrivé à un certain stade, ce n’est clairement pas intéressant de voir dépérir le groupe dans lequel on a mis tant d’efforts. Puis c’est exactement ce que le groupe s’est dit. «Tant qu’à faire on s’est dit qu’on était mieux de finir ça en beauté en faisant un gros show pour mettre un point final au bout de la phrase.» Puis ce dernier show, il va se passer le 4 octobre à l’Impérial de Québec avec leurs chums O Linea et MUTE avec au menu une rétrospective vidéo, la participation d’anciens membres et d’amis du groupe ainsi que quelques vieilles chansons qui n’ont pas été jouées depuis des lunes mais que le groupe se fait encore souvent demander.

Est-ce qu’on a peur du moment où on va jouer la dernière note quand on a prévu d’avance que ça va être le cas? «Oui, en fait. Quand on a joué le dernier show en France et qu’on est sortis de scène, c’était déjà un peu émotif. Alors j’imagine que ça va être assez spécial. Surtout que j’ai passé la moitié de ma vie dans ce groupe-là alors ça risque d’être assez intense. Mais en même temps on a décidé d’arrêter parce qu’il n’y a pas d’animosité dans le groupe pis parce qu’on est encore tous des supers bons chums alors c’est mieux comme ça.»

Bravo pour ce que vous avez faites, les gars! (Alexis Charlebois-Laurin)

www.maprock.net

4 octobre – L’Impérial (Québec)

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