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![]() Maître J lançait en septembre dernier un premier mini-album intitulé L’apprentissage de Maître J, s’articulant autour du désir de ce dernier de faire un rap nouveau, intrinsèquement québécois. Discussion autour d’une ambitieuse tentative. D’abord hype man pour Jeune Chilly Chill à la manière d’un Flavor Flav – c’est d’ailleurs son frère qui l’initie au rap en lui faisant entendre Public Enemy –, Maître J s’investit rapidement dans l’écriture avec la formation NulSiDécouvert et son pote Chilly Chill dès 2003. «Avec NSD, on fait plus de la musique de fête, très testostérone, alors que ce qui sortait avant d’enregistrer l’album, c’était des textes plus personnels», raconte Maître J qui souhaitait laisser sa musique être pénétrée de ses influences bigarrées (le rappeur cite à la fois Dan Bigras, Ice Cube, MC Solaar, Richard Desjardins et Outkast). Processus de création ponctué d’essais et d’erreurs, L’apprentissage de Maître J en fut un au sens littéral du terme. «Je me suis lancé, je voulais me forger ma propre démarche et voir la réaction des gens, je cherchais à être évalué.» Maître J ne s’était pourtant pas fixé de modestes objectifs. Le MC voulait produire un rap typiquement québécois, but atteint par bien peu de rappeurs d’ici d’après lui. «Du rap de ghetto de Brooklyn, du rap de ghetto de Montréal et du rap de ghetto d’Allemagne, c’est pareil.» Monsieur J ne fait pas de cachette quant à l’accueil froid lui ayant été réservé par le milieu hip-hop québécois. «Plusieurs artistes viennent me dire individuellement qu’ils aiment ce que je fais, mais ils ne le diront pas en public.» Pour Maître J, il apparaît clairement que de plus en plus, «le hip marginal devient le hip-hop traditionnel», idée qu’il tente de nous prouver en nous posant la question rhétorique: qui a gagné le Félix hip-hop cette année? L’autoproclamé «enfant bâtard de Séba et de Jeanbart» cherche pour sa part du côté de ce qu’il nomme la «rap-chanson» (sa pièce Sac à dos illustre bien le concept) de nouvelles voies de traverse permettant au genre de ne pas s’enliser et se scléroser. «Mon album complet sera encore plus près de la chanson. Ce ne sera plus 50% rap, 50% chanté. Ça ressemblera peut-être à Lauryn Hill qui pouvait chanter un couplet puis en rapper un, ce qui donne plus d’impact au rap.» Articulé et cérébral, Maître J n’est néanmoins pas sans laisser une place de choix au jeu et à l’autodérision dans son travail. «Le côté ludique est très important dans ce que je fais. Avoir du plaisir en écoutant des choses sérieuses, c’est l’idéal. Par exemple, j’écoute Karkwa d’abord et avant tout pour me divertir, même s’il chante des trucs sérieux.» En fait foi cette pochette digne d’un album pour enfants présentant un Maître J enfoui sous une masse de peluches dont serait jaloux même le plus choyé des enfants. Cet aspect du travail du rappeur occupera une place prépondérante alors que le très théâtral DomHameLLL de Gatineau le joindra sur scène pour une mini-tournée, dans certains cas en première partie de Ghislain Poirier. En attendant l’album complet de Maître J où il déballera un sac à dos encore plus chargé, sachez qu’il collaborera étroitement à l’enregistrement de l’album solo de son collègue Jeune Chilly Chill avant de le retrouver quelque part en 2009 pour la parution d’un nouvel opus de NulSiDécouvert auquel devrait participer une douzaine de musiciens.
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