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C’est le 12 février dernier qu’est paru Kiss The Lion, troisième album de la formation montréalaise Madcaps. Sur ce disque, le groupe s’éloigne de ses racines funk pour plonger tête première dans le rock. C’est que Madcaps, fondé par Frédéric Pellerin en 1997, ne s’est jamais contenté d’explorer un style en particulier. «On a eu envie d’écrire des chansons avec des thèmes clairs et précis plutôt que des tounes reposant sur des grooves», explique Frédéric. Bien qu’on retrouve encore des traces de funk, la prédominance du rock sur Kiss The Lion est frappante. «On s’est fait plaisir. Il y a beaucoup de chansons rock mais pour la première fois, il y a aussi des chansons plus douces, plus atmosphériques», ajoute-t-il. Impressionné par son travail sur Gisèle de Xavier Caféïne, le groupe a fait appel à Glen Robinson pour coréaliser l’album avec Pellerin. «Glen a su nous remettre en question pour emmener les chansons plus loin», lance Marie-Anne Arsenault, la bassiste. La plupart des chansons ont été écrites et enregistrées en cinq mois, au Studio Vox. Ce deadline, imposé par le cycle des tournées, fut bénéfique pour Madcaps. «On a eu le temps de faire tout ce qu’on voulait, sans commencer à douter de notre musique», note Frédéric. Marie-Anne ajoute: «on perd souvent de la spontanéité en voulant trop peaufiner des chansons». Comme ce fut le cas pour High (2006), Frédéric s’est adjoint les services du professeur d’anglais passionné de littérature Tom Sklavis pour l’écriture des paroles qui se veulent plus introspectives sur ce troisième effort. «Je ne me suis pas censuré, confie Frédéric. L’écriture m’a permis d’exorciser mes démons.» Les textes sont livrés de façon énergique, mais lorsqu’on leur prête attention, on découvre un univers sombre et une vision plutôt pessimiste du monde. «Les sujets joyeux ne font pas toujours de bonnes chansons», soutient le chanteur qui prend notamment la peau d’un traqueur dans Saviour. Madcaps a eu la chance de présenter ses nouvelles chansons à Trois-Rivières, le patelin de Frédéric, quelques semaines avant la sortie de l’album. «Les réactions ont été positives», s’exclame Marie-Anne. Selon certains, le groupe aurait fait preuve de plus d’énergie en concert qu’à son époque funk. De l’énergie, il en aura besoin. Le groupe se prépare pour une tournée dans le reste du Canada, un territoire conquis depuis déjà longtemps. «L’accueil est très fort dans les provinces de l’Ouest, indique Frédéric Pellerin qui explique ce succès par les nombreux concerts donnés par le groupe en sol canadien (en dix ans de carrière, Madcaps a joué plus de 600 fois). C’est arrivé qu’on joue 13 shows en 13 jours!» Mais les nombreuses tournées de Madcaps ont aussi contribué au départ de plusieurs de ses membres. «C’est pas tout le monde qui est prêt à laisser son emploi ou sa famille pour partir quelques semaines», admet Marie-Anne. Avec la formation actuelle, le groupe croit avoir atteint une certaine stabilité.
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