21 janvier 2008
Alexis Charlebois-Laurin
Des rues de San Francisco nous vient la bande formant Life Long Tragedy. Après près d’un an d’attente, le label Deathwish peut finalement faire paraître sous sa bannière Runaways, le premier album complet du groupe. Un disque rempli autant de désespoir et d’un chaos mélodique. Ça frappe dans le mille. Hardcore pour les hardcore.
Qu’est-ce que le hardcore t’a appris à travers les années?
RJ Phillips: Le hardcore m’a appris à être moi-même. Il m’a amené à des endroits que je ne croyais jamais voir et je crois que c’est l’expérience la plus enrichissante que je n’ai jamais vécue. Simplement d’être dans des endroits nouveaux et étranges avec mes amis. Je vais me souvenir de ça longtemps après la fin de ce groupe.
Qu’est-ce que tu aimerais voir revenir dans la scène hardcore?
J’aimerais voir plus de nouveaux groupes jouer de la vraie musique plutôt que cette crap qu’est le mosh. J’aimerais aussi que tous ces vieux groupes qui s’étaient séparés restent séparés. Je pense aussi que ça manque de créativité de nos jours mais qui suis-je pour parler?
Quelle est la différence entre un label comme This Blessing, This Curse et Deathwish?
This Blessing, This Curse était l’opération d’une seule personne qui nous a pris sous son aile et qui a sorti notre album parce que personne d’autre ne l’aurait fait. Nous avons beaucoup apprécié. Ça nous a permis d’avoir un album pour tourner et je dois dire que nous nous en sommes très bien sortis pour ce qui est d’un petit label comme ça. Mais nous avons commencé à devenir trop gros. Deathwish est différent dans le sens où c’est un travail à temps plein pour tous ses employés. L’étiquette fait une plus grosse distribution, elle fait des t-shirts pour toi, te trouve des entrevues, te met sur des bonnes tournées. C’est un gros nom dans la scène hardcore aujourd’hui. J’adore travailler avec tout le monde à ce label.
Est-ce que la présentation, la pochette d’un album est plus importante que jamais?
Je crois qu’en cette ère numérique, c’est plus important que jamais, oui. Tout le monde peut downloader ton album mais pour avoir l’art qui vient avec, tu dois mettre la main dessus. J’étais excité de travailler avec Jake Bannon (Converge, Deathwish) pour cet album, bien qu’il n’ait pas du tout fait ce à quoi je m’attendais. Mais il a définitivement saisi l’état d’esprit de ce que nous avons mis sur tape.
Est-ce que vivre en Californie est vraiment si génial? Quels sont les problèmes de l’État et de l’Amérique en général?
Le nord de la Californie est vraiment le meilleur endroit au monde. Tout ce dont je peux rêver est ici. C’est vraiment un endroit inspirant. Toutefois, le coût de la vie est très élevé et je crois que ça va seulement aller en empirant avec le déclin du dollar. Puis, il y a aussi trop de gens qui déménagent ici. J’aimerais qu’ils retournent d’où ils viennent. Au point où on en est, j’ose espérer que c’est impossible pour les Républicains d’occuper la Maison Blanche pour un autre mandat. Les deux partis sont louches, remarque bien. Je ne crois pas que l’Amérique en soit encore arrivée à un point de non-retour. C’est juste une question de temps avant que des changements majeurs arrivent.
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