Qu’est-ce que ça fait quand tu mets dans le même paquet 4 gars du Lac, au moins 2 caisses de 24, du C4, des patins à glace et quelques pucks? Le bon vieux rock pas très propre de l’équipe de choc se faisant appeler Les Dales Hawerchuk. Comme c’était le dernier jour des échanges de la Ligue nationale de hockey lorsque Bang Bang les a rencontrés (au Diable Vert, lors du 5 à 7 de lancement des festivités entourant les dix ans du bar), on sentait les gars préoccupés par les discutables permutations faites par le DG Bob Gainey, bien qu’on se soit concentrés sur le nouvel album en création des Dales dans nos conversations alcoolisées… évidemment (et quand c’est dans ton sang, on se tutoie du Saguenay au Lac-Saint-Jean).
Camp d’entraînement
Pour la fabuleuse histoire de leur home, on se doit de rappeler que leur fertile région commença à rayonner jadis avec l’influent groupe Voïvod et son rock/métal progressivement spatial. Dans la décennie d’après (les années 90), connut beaucoup de succès l’incroyable collectif intelligemment festif Les Colocs du regretté Dédé Fortin, qui – avant de partir trop loin – passa ensuite la puck à l’ami Fred Fortin. Ce dernier s’empressa de recruter ses nombreux copains avec qui il aimait rocker ou jouer au hockey. D’ailleurs, c’est au Lac, sur une patinoire, que Sylvain Séguin, l’aîné de son frangin Sébastien, rencontra initialement Fred Fortin, qui avait comme eux un papa musicien. Néanmoins, même s’ils doivent leur nom au petit de Fred nommé Charlie (qui donna une carte vintage de Dale à Sylvain dans un élan de folie), l’équipe appelée Les Dales Hawerchuk ne se format qu’après sa déportation dans la métropole, bien que ses membres aient tous à un moment ou un autre joués ensemble, que ce soit dans des groupes de covers au vitriol (surtout du québécois, que ce soit GrimSkunk, Groovy Aardvark ou même Zébulon) ou dans des formations country ou non. Un alignement qui comprenait initialement, en plus des frères chanteurs/guitaristes, le bassiste Martin Bergeron et le batteur Pierre Fortin.
En avant les recrues
«Avec Les Dales Hawerchuk, j’ai carrément allié mes deux passions, ayant tout le temps trippé autant sur la musique que le hockey», clamait Sylvain, un «ostie d’gros scoreur» (portant comme Dale le numéro 10, par ailleurs) tout en restant génétiquement un bon buveur. Il racontait aussi que, peu après avoir fait la première partie de GrimSkunk au Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue en 2004, le groupe a enregistré en une avant-midi – au lendemain d’un party bien arrosé – le fameux démo qui poussa son coloc (un autre compatriote appelé Olivier Langevin, le guitar hero de Mara Tremblay) à l’endisquer sur sa toute nouvelle étiquette de disque C4 (Galaxie 500, Fred Fortin et Band de Garage, mais aussi Artist Of The Year et Gatineau). C’est que son rock rural est tout sauf banal, aussi grand et pesant qu’un panache d’orignal, tout en restant fièrement proche parent et presque aussi marrant que le Mononc’ Serge de maintenant (et celui de son groupe d’antan), mais en beaucoup plus punk-rock et surtout dangereusement rentre-dedans. Après le lancement de son album en 2005, le groupe a donné pas moins de 125 shows en un an, dont une couple à Toronto, où il a rencontré LE Dale et les Maple Leafs dans leur vestiaire, en plus d’être honoré par le principal intéressé qui lui a légué son seul et unique chandail du Temple de la renommée. Approuvé!
Deuxième période
S’ils se sont fait plutôt discrets ces derniers mois, sachez que les gars n’ont pas pour autant chômé. Ils avaient des batteries à recharger et en ont profité pour se ressourcer (certains au sein de projets plus ou moins apparentés). Ils ont tous d’autres emplois, car l’art de la plupart des rockeurs québécois ne paie malheureusement pas… assez. Ça n’empêche pourtant pas ces irréductibles Jeannois d’essayer de vivre de leur passion, la musique, en s’interchangent fraternellement des membres lorsqu’un joueur manque. Comme le soulignait le polyvalent Pierre (aussi membre à temps partiel de Galaxie 500): «tous ces Bleuets exportés de Roberval à Montréal, c’est un peu notre famille, la consanguinité jusque dans l’musique», en riant de l’usuel cliché rattaché à sa région natale. D’autant plus vrai que le nouveau bassiste du groupe, Charles Perron, en plus d’être cousin avec Fred, est également guitariste pour Les Fréres Cheminaud, groupe qu’il a fondé avec son vieux chum Pierre connu au primaire. Un choix assez logique, car on retrouvait Charles déjà sur une pièce du premier disque.
Toujours produite par Olivier, tous s’accordent pour dire que sa suite (qui a été enregistrée live en studio au début mars) est plus heavy, agressive, violente et même primitive, tout en gardant son côté givré. On parie qu’elle nous mettra tous en échec, avant de nous le foutre drette top net. Si Les Dales ne peuvent pas remporter la coupe Stanley (on mise plutôt sur les Canadiens, qui viennent d’accéder à la tête de l’Association de l’Est pour la première fois en 15 années), on leur souhaite un putain de bon CD, car la série de shows qui s’en suivra déjà nous réjouit. Go, Dales, Go! (Kristof G.)
Les Dales Hawerchuk 2 en magasin dès le 29 avril
www.lesdaleshawerchuk.com
30 avril – Diable Vert (Montréal)