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Ils étaient là, ils sont encore là et ils seront probablement encore là demain. Obstinés chiens que ces garçons de Montréal, qui lançaient le 13 novembre dernier une première compilation venant dresser le bilan de 10 ans de carrière et de 5 albums. Le long sentier retrace les meilleurs moments (on pourrait difficilement parler de hits dans leur cas) d’une des formations les plus tristement méconnues du grand public. Les Chiens, c’est quelque chose comme le plus vieux groupe de ce qu’on appelle la scène locale, les papis des indés, surtout si on compte les années vécues sous l’épithète Possession Simple, qui a quelque saxophone près, comptait sur le même alignement que Les Chiens. Mais Éric Goulet, peux-tu nous rafraîchir la mémoire et nous dire pourquoi avoir laisser ce nom derrière? «Ça faisait 10 ans. On avait joué avec Possession du début de la vingtaine jusqu’à la fin de la vingtaine, les trois quarts des tounes du répertoire nous tentaient plus». Après quelques mois de tergiversations et de pérégrinations sans-papiers, c’est-à-dire sans nom officiel, Goulet et ses deux comparses, Nicolas Jouannaut (basse) et Olivier Renaldin (batterie), choisissent Les Chiens, nom qui faisait écho à un titre marquant de leur premier album, Fido, et tout le champ sémantique canin qui vient avec. Le long sentier présente donc ce qui s’est passé depuis l’adoption de ce nom. Il ne s’agit pourtant pas d’un bilan de fin de long sentier, mais bien un moyen de rendre sa musique accessible à un plus grand nombre, de rapailler son répertoire éparpillé tantôt du côté de La Tribu, tantôt du côté de C4. Les Chiens n’en était d’ailleurs pas à son premier exercice en matière de rétrospective, lui qui lançait en France le printemps dernier en prévision de sa tournée estivale une compilation du même type intitulée Vénus du Mile-end (le titre d’une de ses ballades mélancoliques, sommet de chanson douce-amère). «On avait déjà fait pas mal de débroussaillage. On voulait que la compilation en France représente ce qu’on fait maintenant alors qu’ici, on voulait couvrir tout ce qu’on avait fait», raconte Goulet. Malgré la prégnance de son leader sur la création des chansons, Les Chiens compte bien deux autres membres dont il ne faudrait pas sous-estimer l’apport. Goulet parle de ses amis et collègues avec une générosité qui nous fait comprendre d’emblée qu’il ne fait pas partie de la liste de chanteurs despotes. «Nicolas Jouannaut, c’est la force tranquille du groupe. C’est comme mon frère. Il est tout le temps là. Ça réconforte, ça réchauffe», dit-il en pouffant de rire, autant pour l’emphase qu’il met quand il dit «ça réchauffe» que parce que dire de Jouannaut qu’il est une force tranquille relève de la méga-évidence pour quiconque a déjà assisté à un concert des Chiens. «Olivier Renaldin lui avait un esprit de synthèse. Il est très mathématique. Il était capable d’identifier les points forts et les points faibles dans les chansons. Marc Chartrain, notre batteur depuis Rösk, apporte un vent de fraîcheur, un côté innovateur et une énergie plus lourde.» Et de conclure sur son ami Roger Myron, ex-French B et guitariste de tournée pour les Chiens: «J’admire Roger. C’est un vrai gentleman du rock avec un son incroyable. J’avais fait quelques shows avec French B à la fin. Ma façon de jouer de la guitare vient entièrement de Roger.» D’ici le prochain album des Chiens et le deuxième chapitre de l’aventure Monsieur Mono, Le long sentier est un regard dans le rétroviseur qui donne le goût de revenir sur son chemin.
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