3 octobre 2008
Mike Bergeron
On en parle depuis plusieurs semaines. On l’écoute même depuis quelques semaines. Mais ce n’est pas encore officiel. Ça le deviendra pendant le festival Antenne-A. Maxime Robin et Pascal Asselin (alias Snowflake) réunis sur le même vinyle.
Le combo est déjà alléchant. On a le goût d’y goûter. Et puisque les chefs sont souvent les mieux placés pour parler des plats qu’ils confectionnent, je leur ai demandé de me parler brièvement du projet. Entrevue split.
Côté Snowflake
Pourquoi un split avec Maxime Robin?
Parce que nos musiques sont connexes. Parce qu’on est des amis.
Que trouves-tu d’unique dans la musique de Maxime Robin?
Maxime échantillonne là où personne ne le fait, il a des grosses basses puis on bouge de la tête. Son travail rythmique est très bon.
Comment décrirais-tu la moitié de Maxime Robin?
Au risque de me répéter, des grosses basses, des courtes pièces, qui vont là où il faut aller, qui donnent le goût de refaire jouer encore et encore.
Le vinyle, pour toi, c’est…
Le support par excellence pour la musique, bien que son côté facile et transportable soit moins évident. Il n’y a pas assez de productions de vinyles au Québec, il faut y aller encore plus avec ça. Et sortir un disque de hip-hop instrumental se devait d’être sur vinyle!
Tu alternes et surtout cumules les différents projets (Millimetrik, Snowflake, Below The Sea, Princess et Murdock, etc.)… Es-tu boulimique?
Oui! Je suis autant mélomane que musicien dans la vie, j’aime beaucoup trop de musique pour ne faire qu’un seul truc. J’ai encore d’autres idées de projets pas encore réalisés! Mais il faut aussi savoir se stopper, ne pas trop s’égarer et focaliser sur les bons trucs.
Avec qui aimerais-tu sortir un split?
Lone, un producteur britannique qui, je crois, sera le prochain gros truc. Sinon Flying Lotus, Burial ou Deerhunter!
L’aventure du vinyle: ardue ou excitante?
Coûteuse, complexe, longue, mais combien excitante et valorisante.
Côté Maxime Robin
Pourquoi un split avec Snowflake?
Bassement marketing. Je crois que ce sont les trucs qui sortent de Québec qui, en ce moment, sont les plus près de ce que je fais. Et puis c’est bon et c’est un ami.
Que trouves-tu d’unique dans la musique de Snowflake?
Je trouve que Pascal est vraiment investi dans sa musique. C’est un peu une partie de lui-même. C’est très honnête.
Comment décrirais-tu la moitié de Snowflake?
Snowflake, par rapport à son travail de Millimetrik, est plus «rough». Plus «dans ta face», mettons. Donc, ça fait un contraste, je crois, ce côté non poli, avec mon travail en minutie, par moments.
Le vinyle, pour toi, c’est…
Le vinyle, pour moi, c’est un support média. Je ne suis pas fétichiste de mes outils de travail! Mais c’est clair que le vinyle est un outil important, comme source sonore, alors nécessairement c’est l’fun d’enfin rendre un peu ce qu’on a pris en faisant un vinyle.
Un an et demi, à peu près, depuis Is A Towntempo Kind Of Guy, est-ce un avant-goût pour le prochain?
Ouais, c’est terriblement long. Je suis plutôt productif et j’ai fait l’équivalent de 3 ou 4 album depuis. Par contre, la réalité est ce qu’elle est: c’est dur et ça prend du temps sortir des disques et de tout faire soi-même. J’aimerais que quelqu’un s’occupe de sortir mes disques à ma place ou faire mes communications ou organiser mes shows, ça me laisserait plus de temps pour la musique. (Avis aux intéressés!)
Avec qui aimerais-tu sortir un split?
Burial, Kode9, Samiyam… Dans le fond, un 12″ sur Hyperdub. D’un point de vue plus possible, j’aimerais faire un truc avec Morti Viventear.
L’aventure du vinyle: ardue ou excitante?
Surprenante. Je ne croyais pas que c’était aussi compliqué. Mystérieuse aussi car c’est assez dur d’avoir de l’information. Juste sur comment procéder. Sinon coûteuse, mais on s’attendait à ce que ça le soit.
Comme si la musique ne rendait pas déjà ce projet unique, «c’est une édition super spéciale de 300 vinyles avec des pochettes faites à la main par Alex Lemay de la Galerie Morgan Bridge», tient à ajouter Maxime Robin.
Ces petits trésors seront presque exclusivement disponibles dans les prestations des deux musiciens. Sauf peut-être chez Platine à Québec ou chez Atom Heart à Montréal.
Au revoir MAP
Je tiens à souligner la dernière prestation de la formation punk de Québec MAP. Elle célèbre la fin le 4 octobre à l’Impérial avec ses très nombreux amis, dont O Linea et Mute. Quinze ans de musique revendicatrice: respect!