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PODCASTS

Reportages et entrevues
25 février 2008
Stéfane Campbell

C’est en tirant Johnny Love de sa nouvelle retraite loin des mondanités urbaines que nous avons remis la table pour l’attendu retour du Volume Était Au Maximum. «Il fallait me couper de la musique», nous dira-t-il d’entrée de jeu sur ce ton toujours très posé, typique de l’homme beaucoup plus à l’aise engouffré dans un studio d’enregistrement qu’exposé sur une scène. «Certaines choses ne changent juste pas.» En effet, lorsqu’on se rappelle le buzz médiatique qui avait suivi l’arrivée de Radio maximum dans les bacs il y a quelques années, puis la forte rotation du clip Les princesses, on se souvient aussi cette image souvent (faussement) accolée au principal intéressé d’un être aigri, voire carrément fermé aux journalistes, qui ne livre rien. Et ce, bien en deçà du souvenir gardé de nos rencontres précédentes avec le jeune homme et qui, bien au contraire, nous avaient laissé l’agréable impression d’un dialogue fluide. Doublé d’un plaisir quasi coupable à écouter puis réécouter ce Radio maximum et ses prédécesseurs. Trêve de flatteries. Ainsi, en attendant la sortie imminente du nouvel opus, Les vacances, à paraître quelque part durant l’été, entretien avec l’homme derrière la machine. Welcome back.

Mur du silence
«Pour arriver à bien faire cet album-là, il fallait que je sorte de la ville», lieu de surabondance où tout va trop vite au dire de M. Love. Affirmation soutenue tout au long de l’entretien et qui sous-tend une sorte d’apologie du silence. Fait autrement plus étrange lorsque l’on connaît la musique du Volume, amalgame de moult pistes érigées tel un wall of sound. Un mal nécessaire considérant qu’il y a «une telle combustion sur le plan de la création musicale qu’il est devenu essentiel de taire le bruit autour de moi. Ça devenait difficile de simplement y laisser entrer autre chose. Ça sert très bien la création mais ça peut être lourd par moments lorsque tu vis avec». Puis d’ajouter: «Ça fait dix ans que c’est aussi prenant. À un certain moment, c’est tout simplement devenu insupportable. Ça pourrait probablement être de la maladie mentale», laisse-t-il même tomber nonchalamment. Avec clairement toute sa tête.

Suivant l’exil, plusieurs changements ont modifié le sinueux parcours du projet depuis les dernières nouvelles. À commencer par un remaniement de personnel qui nous réserve d’ailleurs quelques surprises gardées pour le moment sous silence complet, le temps de deux concerts à Québec et Sherbrooke pour en tester l’efficacité avant que le public montréalais ne le découvre tôt ou tard. Et si l’attente entre le dernier album et celui à venir a pu paraître longue pour plusieurs, on ne parle tout de même pas ici d’un comeback. «On ne peut pas conserver une hype à son apogée de façon constante. Nous avons connu une belle attention et puis ça s’est naturellement dissipé. Et voilà un nouvel album, quatre ans plus tard.»

Sugar, Love & R’n’R
Et à quoi donc s’attendre de ce nouveau matériel? «Une continuité du Volume mais poussée encore plus loin. Un son encore plus sucré, plus pop, une autre façon de travailler. Malgré le cliché, on pourrait même dire un album concept avec une trame narrative qui s’écoute comme une seule chanson, ou vingt variations sur un même thème – ce que certains voient comme un opéra rock.» Résultat de quatre années d’intense création. Puis, il clarifie au bout de quelques minutes. «Je pense de toute façon qu’on écrit la même chanson tout au long de notre vie. Tous les artistes ont un axe de création par lequel ils abordent leur travail.» Un filon qu’il peaufine depuis bientôt une décennie de façon obsessive. «Créer de la beauté sous sa forme la plus pure», voilà ce dont au final il retourne du bonbon toujours plus soigneusement sucré de Love.

«Joey Ramone a déjà affirmé s’inspirer de toute la merde qui s’impose dans nos vies pour la célébrer et peut-être ainsi l’embellir, à défaut de la rejeter. En disant fuck off, ça devient un peu une façon de célébrer la vie. Bien que ça cache aussi une certaine mélancolie.» En cela, les principales dualités qui nourrissent Le Volume Était Au Maximum. À s’en gaver. Sur un ton joyeusement naïf et un sentimentalisme aux allures exacerbées. «C’est une musique à plusieurs paliers. Il y a quelque chose de pointu même si c’est sucré. C’est ce que j’ai toujours cherché à créer.» Une muse qui extrait la beauté de ses souillures. Et de sucre raffiné. (Stéfane Campbell)

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