CHRONIQUES
L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
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Je zappe et je matte
Jean-Nicolas Labrie
Pour passer mon clip à MusiquePlus…
Ondes souterraines
Stéphane Martel
Le syndrome Club Price
L'abominable homme des cons
6 décembre 2007
Simon Jodoin

En tentant de rédiger, à l’instar de mes collègues, un palmarès 2007, je me suis buté à un problème de taille. C’est que la connerie est généralement assez équitable. Il n’est pas facile de distinguer une bonne connerie d’une moins bonne. On est cons ou on ne l’est pas. De plus, on ne peut pas simplement donner un nom et un titre, comme on le fait généralement pour les disques ou les livres. On ne peut pas simplement affirmer qu’untel est un con, il faut aussi dire pourquoi, comment, étoffer, expliquer, démontrer… La connerie, c’est du sérieux. C’est très très compliqué et, ce qui n’arrange rien, ils ont été plusieurs cette année à crier «Go Habs Ho» en brandissant leurs drapeaux dans le stade de la bêtise humaine.

Alors, à défaut de pouvoir vous présenter un tel palmarès, je vous propose ici de relater quelques bonnes performances des joueurs qui ont su se démarquer au cours de l’année.

Le meilleur marqueur a sans doute été André Drouin, le conseiller municipal de Hérouxville qui s’est fait remarquer cette année avec le «code de vie» destiné aux nouveaux arrivants qui voudraient éventuellement venir habiter dans sa municipalité de 1300 habitants. L’équipe Hérouxville a donc livré une très bonne performance en désavantage numérique! Ce qui fait d’André Drouin un joueur de choix, c’est son insistance à vouloir interdire la lapidation des femmes sur la place publique, pratique qui serait ancrée, selon lui, dans les mœurs des musulmans. On a bien tenté d’expliquer à ce pauvre bougre que la lapidation, qui signifie ni plus ni moins «tuer à coups de pierres», est déjà interdite dans notre beau pays, même en Mauricie, qu’il est aussi formellement interdit de tuer qui que ce soit avec un marteau, une scie mécanique ou une machine à expresso, mais rien n’y fait. Pas du tout convaincu, il en a remis devant la commission Bouchard-Taylor en affirmant qu’il vaudrait mieux prévenir et interdire la lapidation qui pourrait devenir une pratique courante.

Richard Martineau est toujours un bon joueur qui ne supporte pas de jouer un match sur le banc. À n’en pas douter, on accrochera bientôt son chandail au Temple de la renommée à côté de ceux du Doc Mailloux, de Gilles Proulx et de ces légendes de l’opinion, experts en tout, qui ont des grosses couilles, mais que lorsqu’ils bandent, c’est pour enculer des mouches. Richard ne manque aucune passe. Il peut saisir toutes les balles au bond et celle des accommodements raisonnables n’a pas fait exception. Son seul défaut, c’est de manger la puck, mais gageons qu’il tente ainsi de se faire remarquer pour augmenter sa moyenne, car dans la vie comme au hockey, on ne sait jamais quand on sera échangé.

La très unilingue Pauline Marois a aussi connu une très bonne saison avec son projet de loi 195 qui propose de définir l’identité et la «citoyenneté québécoise» qui serait conditionnelle à une connaissance «appropriée» de la langue française. Ainsi, ceux qui ne respecteraient pas cette condition ne pourraient pas se présenter aux élections provinciales, municipales ou scolaires. Bref, ils ne seraient tout bonnement pas des citoyens. Que ferait-on avec eux? Voilà un bon sujet de conversation pour vos repas de Noël. En attendant, on pourrait au moins rappeler à Pauline que ce qui fait la spécificité du Québec, c’est principalement ses racines multiples. Que l’on soit fier de parler français en Amérique, c’est une chose. Mais faire de la langue de la majorité la condition de la citoyenneté des minorités, notamment les autochtones, les Irlandais et les Écossais (qui pourraient tous de bon droit revendiquer l’appellation «de souche»), c’est une connerie qui n’a pas de nom. On peut au moins remercier Pauline Marois de nous avoir rappelé qu’en ce pays, on est tous un peu colons…

Dans le même ordre d’idées, Guy Bertrand, un vétéran qui est remonté sur le ring, est toujours très performant. Même s’il n’a mis personne K.O., son passage devant la commission Bouchard-Taylor mérite une mention spéciale. Selon ce gentleman, le fait que le capitaine des Canadiens, Saku Koivu, ne peut s’exprimer en français est un accommodement qui dépasse les bornes. À l’instar de certains partisans du Canadien, maître Bertrand semble regretter les temps immémoriaux où Maurice Richard faisait office de messie au sein des conflits qui opposaient les riches anglos aux pauvres francos… Si une telle déception a tout ce qu’il faut pour faire un bon dîner de cons à 110%, pour ce gentleman, c’est un problème capital qui devrait occuper les instances gouvernementales… À quand la commission Perron-Bergeron?

Et voilà… Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a un dénominateur commun dans la connerie cette année. Il semble en effet que la problématique des accommodements raisonnables et de l’identité québécoise a servi de catalyseur à la connerie ambiante. Tous ceux qui étaient un peu cons individuellement sont devenus, grâce à ce grand débat de société, très cons collectivement… Comme quoi, même pour les cons, l’union peut faire la force. Difficile constat qu’il faudra se rappeler lors des partys des Fêtes qui sont à nos portes… Plus on est de cons, plus on rit!

Allez! Bonne année à tous!

4 commentaires
  1. Francois dit :

    La specificite du Quebec est loin d’etre ses racines multiples, Ca, c’est celle du Canada. La specificificite du Quebec au Canada et en Amerique c’est principalement et d’abord sa majorite francophone. On apprends ca dans les livres d’histoire. Bien penser ne veux pas dire -etre bien pensant—Siiimon.

  2. Simon Jodoin dit :

    Cher François, merci pour ton commentaire.

    Si une majorité de Québécois est francophone, en compagnie de minorités diverses, notamment anglo-saxonnes et autochtones, c’est bien à cause qu’à l’origine, plusieurs peuples étaient établis ici, ou sont venus y habiter, en plus ou moins grand nombre, et ont déployé des moyens politiques et économiques pour y survivre jusqu’à maintenant.

    Ainsi, la majorité actuelle francophone est donc un effet qui a pour cause les multiples origines des Québécois, ses racines multiples… Et pas l’inverse.

    Or, comme chacun sait, la cause vient avant l’effet.

    Je ne sais pas où on apprend ça par contre… Peut-être dans des livres de logique.

    Cela dit, je ne sais pas ce que signifie « bien penser », mais ce que je sais par contre, c’est que dès qu’on s’emprisonne dans les livres d’histoire pour réfléchir sur l’actualité, on ne pense plus du tout.

    Bien à toi et joyeuses fêtes!

    S.

  3. adrien gaumont dit :

    Merci Simon.
    La bonne nouvelle c’est que tu devances les RBO dans leur revue de l’année. La mauvaise c’est que t’es déjà en retard sur ce que 2008 nous réserve et dont on n’a pas idée.
    Joyeuses Fêtes.
    ag

  4. Robert Rage dit :

    Bonjour Simon,

    Je dois m’avouer quelque peu attristé devant ton palmarès de la connerie. En effet, plus je lis de médias, plus il m’apparaît clair que vous êtes probablement issus de l’une des lignées suivantes :

    1. Des robots au service d’un superpuissance X.
    2. Des extraterrestres
    3. Des hommes en noir

    En effet, il semble que, invariablement, vous émettiez tous les mêmes commentaires sur un sujet donné. Personne ne sait d’où commence une nouvelle, mais peu importe où on la lit, elle se ressemble tout le temps! Pas d’analyse, pas de réflexion, rien… pourtant vous n’êtes pas supposés appartenir aux conglomérat de presse comme Gesca ou Québécor!

    Prenez le projet de Mme Marois, par exemple. Elle a tellement réussi son objectif et vous ne le voyez même pas! Ça crève les yeux que Pauline veut asséner quelques jabs bien précis à l’ADQ et à M. Dumont, avec les mêmes formules que lui. Les journalistes se sont tellement moqués du PQ que le parti est obligé d’appliquer les mêmes tactiques vides qui ont permis à l’ADQ de gagner votre confiance et celle d’un tas d’électeurs.

    La petite ligne sur le français du projet de loi sur la citoyenneté te dérange? Bizarre, si on y réfléchit cinq secondes, on se rend compte que la RÉALITÉ de l’Assemblée Nationale du Québec, ou de la très grande majorité des institutions québécoises, c’est le TRAVAIL EN FRANÇAIS. Imaginez le tamoul qui se présente aux élections, gagne et devient député. Scandale : il va falloir dépenser 50,000$ pour lui engager un traducteur.

    Imaginez-vous donc que cette petite ligne, qui ne changera pas grand chose, a fait parler du PQ plus que les centaines de projets de loi sensés qu’ils ont derrière la manche.

    Bref : faut que quelqu’un dise des niaiseries pour que vous en parliez.

    C’est qui le plus con? Les stratèges du PQ qui sont morts de rire, ou les journalistes & chroniqueurs qui se pensent ben intelligents de rejeter, en chrétiens moralisateurs, un fait de la réalité?

    Parlez-nous aussi des bons coups, si vous voulez qu’on vous prenne au sérieux.

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