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Je zappe et je mate
Nouveau logo, nouvelle image, nouveau mandat… Jamais MusiquePlus n’aura été si proche de la croisée des chemins. Ça y est, la nouvelle image de MusiquePlus est finalement connue. Sentant que le tapis lui glissait continuellement sous les pieds, que la jeunesse d’aujourd’hui fuyait la chaîne pour aller se gaver de clips sur YouTube, et que finalement les parts de marché de la station fondaient comme neige au soleil, les dirigeants ont conclu qu’il fallait orchestrer un repositionnement majeur. Devenue la risée de ses anciens fidèles devenus jeunes adultes, c’est justement cette frange de la population que la station tentera de (re)séduire désormais, laissant au banc d’essai les ados attardés nourris aux textos. Pour bien comprendre une telle décision, je crois qu’un petit retour en arrière s’impose. Rappelez-vous la commotion causée par la naissance de MTV en 1981 aux États-Unis. Pour un paquet de raisons qu’il serait trop long d’énumérer ici, les années 80 ont été une décennie d’innovations en tous genres, dans la musique comme dans le format qu’on utilisait pour la vendre. Le vidéo-clip est devenu un médium majeur et établi, et même dans une contrée québécoise plongée dans un spleen postréférendaire qui engluait la créativité de nos artistes, MusiquePlus naquit tout de même en 1986. Aujourd’hui en 2008, le médium tout en puissance n’est plus le vidéo-clip, mais bel et bien le Web. La musique se vend aujourd’hui par le biais de la Toile, rendant le vidéo-clip un brin obsolète, car plus consommé de la même manière. Cela dit, est-ce que l’évolution naturelle de la technologie sonnera le glas de la diffusion de la musique à la télévision? Pas si vite. Notre rapport à la télé, telle qu’elle est aujourd’hui, est complètement différent d’il y a vingt ans. La tâche sera colossale, j’en conviens. Mais en voyant la nouvelle programmation télé ébauchée par notre chaîne musicale, je crois que les bonnes décisions ont été prises, en partie du moins. Il fallait revenir au matériau brut, à la matière de base qu’est la musique. Travailler à partir de l’essence même de la station. Gardons-nous le droit d’être optimistes, en somme. 110 %, toujours aussi solide Or, les bonzes du Mouton noir, assez lucides pour ne pas saborder l’émission phare du genre au Québec, ont refusé net de baisser les bras. Yvon Pedneault, le laissé-pour-compte du Réseau des Sports, est du panel de débatteurs cette année, et force est d’admettre que ce vétéran du journalisme sportif, membre du Temple de la renommée de la LNH et suivant le Canadien depuis plus de 35 ans, est à l’aise comme un poisson dans l’eau à bord de la barque de Jean Pagé. À mes yeux, Pedneault est l’un des meilleurs analystes de hockey au Québec. Mario Langlois, Richard Labbé, Michel Langevin, Pierre Rinfret et Jean Perron sont toujours aussi efficaces. Même le Trifluvien Marc Bureau tire efficacement son épingle du jeu. Mais mon coup de cœur revient sans contredit à Jean-Charles Lajoie, un petit nouveau cette année, animateur de la tribune du midi à la radio de CKAC Sports. Un peu comme une équipe de hockey qui perd de bons éléments pendant la saison morte, une bonne administration trouvera toujours le moyen de remplacer les dissidents par d’autres bons joueurs pour effectuer le boulot. Streit a bel et bien remplacé Souray, alors on est capables de remplacer Streit aussi, non? Pertinent, cultivé, drôle et doté d’un phrasé unique, Lajoie, directeur artistique du Festival Musique en Vue de Cowansville, a réussi le tour de force de ploguer La Cantatrice chauve de Ionesco pendant un débat orageux sur le Canadien. Faut le faire quand même! Désolé Bergie et François, mais on ne s’ennuie pas de vous deux secondes à 110%. Bonne chance à vous deux dans vos nouveaux projets. je.zappe@gmail.com del.icio.usdigg
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