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Le petit tavernier
Équipés d’environ $25, Perturbo pis moi, on a soif. « On va-tu à La Remise ? », que j’dis. Perturbo dit : « Ok. » La protéine de décision vient d’être sécrétée, quelque part dans nos cerveaux enfumés. On part. Faut remonter Resther jusqu’à Boucher, où se cache la taverne, un gros cube peint en genre de stuco mauve, autrefois orange. À moins que ce soit l’contraire ? Pus sûr. On entre. La barmaid nous reconnaît. « Salut Lynda ! » J’aime savoir le nom d’la barmaid. Ça personnalise le service. Des fois ça fait même apparaître des shooters. Perturbo pis moi, on adore Lynda : drôle, généreuse, pas mal sexy. ( Note : en plus, sa super sœur presque pareille à elle, Liane, travaille les autres jours d’la semaine. ) Pendant que Lynda nous sert nos grosses 50 dans un bock, Perturbo place les boules en louchant sur elle. J’insère un dollar dans l’juke-box. 1ère sélection : I love rock’n’roll, de Joan Jett. Ensuite, Heartbreak Hotel, puis du Guns’n’Roses pour mon vieil ami. Tout un disc-jockey. Un bonhomme grisonnant vient nous parler. Pas surprenant, ici les clients forment une grosse famille sur le party. Par contre, ce qui est drôle, c’est quand le bonhomme dit : « Valium ? Voulez-vous des Valiums ? Une piasse chaque. J’ai aussi des Dilodids. » Moi : « C’est-tu une piasse aussi ? » « Non, c’est plus cher. C’est plus fort ! » Perturbo, considérant son budget, achète une Valium pour sa pharmacie personnelle. À notre 2ème partie, une femme habillée dramatiquement, venue chercher d’la glace pour mettre dans son verre de bière ( « ark ! », aurait dit la P’tite Tornade ) dans l’congélateur collé sur la table se met à crier. « Heeeeille ! T’as failli m’rentrer ton bâton dans l’anus !! » Ok. Ça part bien. J’songe à abandonner le billard. Plus tard, elle vient se présenter comme « La Poune du new wave ». Ça c’est du théâtre, que j’me dis en pissant. J’perds la 2ème partie. Un gars à lunettes est next contre Perturbo. Comme la majorité des clients, c’est un spécimen lui aussi. Il frappe les boules de toutes ses forces, après une mini-seconde de réflexion seulement. Des fois ça marche. D’autres fois moins. Attablé, j’ai évité 2 fois la blanche qui revolait vers ma gueule. Pendant que j’prends des notes à l’endos d’une facture de pâte-à-dents, un gars au nez de boxeur se penche vers moi : « Coat de suède ? R’garde mon coat de suède, tu veux-tu l’acheter ? » Un autre vendeur ! Pas croyable, ce bar. Perturbo vient s’asseoir. On s’commande une autre grosse à deux avec nos $7 restants. La fermeture approche. Un jeune à casquette s’approche de nous. Oh non… « Y’a-tu quelqu’un qui voudrait acheter un plancher flottant ? » J’ai déjà hâte de revenir. La Taverne La Remise inc., 540 Boucher, Mtl. Moins : Le quartier est sombre, retiré. Le bar est trash. Y’a d’l’action ! De toute façon, ma chronique est pas là pour décrire des places de jeunes professionnels qui boivent du parfum. Autre moins : encore une fois, les esties d’machines gobe-sous ! Avec un esclave devant chacune. Ouins : La machine à pinottes ! Au moins t’es sûr de gagner. Pour les amateurs de théâtre, disons qu’i a beaucoup de personnages à La Remise. Diverses photos encadrées à examiner : lutteurs, pêcheurs, boxeurs, joueurs de hockey (voir la photo de Lafleur avec un casque en ’72 ). Ici on est bien, c’est chaleureux, amical, y’a du bois partout, la porte d’la toilette est montée sur ressorts. En partant, admirez le bloc surréel en face, avec ses balcons, pis allez voir la cour derrière, pour la cabane avec un cadran dessus ! del.icio.usdigg
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