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31 janvier 2008
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Citoyens et citoyennes, l’heure de la réfolution est arrivée. Reprenons les slogans de mai 68 et crions «Utopistes debout!» et «L’Imaginaire au pouvoir».

Cessons de nous croire inutiles et laissons notre folie intérieure éclore à la face du monde. La folie prend toutes sortes de formes et de couleurs. La folie qui fait de la résistance par l’absurde, la folie engagée dans la lutte contre la bêtise, la folie créatrice qui peint le ciel de la couleur de l’espoir, la folie qu’on enferme car elle est hors des normes imposées, la folie des nez rouges coiffés de passoires à spaghettis, debout sur les barricades devant les forces répressives. La folie toute simple, celle de tous les jours. Cette folie qui nous aide à ne pas devenir malade et mourir devant la cruauté des militaires et des banquiers.

Tout jeune, je jouais avec mes amis imaginaires. Mais j’ai dû les abandonner à la porte de l’école primaire. Je les ai cherchés durant toute ma vie et à cause de cette quête, je les ai revus dans les récits fantastiques de Rabelais, Coluche, Mulla Nasrudin, Patch Adams, Noël Godin, Jerry Rubin, Henry Miller, Claude Gauvreau, Sol et tous ces fous et folles magnifiques qui ont jalonné mon parcours de vie.

Ma bibliothèque est pleine de ces récits foulosophiques qui ont perturbé leur époque. Dans Le sceptre et la marotte, Maurice Lever raconte les aventures des fous du roi. Un jour, un fou dépassa les bornes et fut condamné à mort. Mais le roi qui aimait son fou lui donna le choix de sa mort. Le pitre lui dit qu’il désirait mourir de vieillesse. Le souverain ria tellement qu’il le gracia.

J’ai côtoyé plusieurs fous et folles mais hélas je n’ai pas su les garder près de moi. Étant trop préoccupé par l’ego de ma petite personne, cela m’a fait perdre bien des alliés nez. Mais j’ai toujours œuvré dans le courant de la dérision et de la sédition. J’ai toujours cherché l’idée, la farce foulosophique. Aujourd’hui, j’en suis à tenter de convaincre les folles et fous de joindre le cercle politique que d’autres ont créé, le parti neorhino.ca. Un parti qui veut justement que ses elfes rieurs et ses sorcières enjouées puissent prendre la parole à défaut de prendre le pouvoir. Mon but a toujours été de vivre intensément cette folie qui est en moi, de la laisser s’épanouir aux dépens d’une sécurité financière. Beaucoup d’amis sont devenus riches et se sont retirés dans leurs manoirs, d’autres sont devenus sérieux dans leurs écrits et leurs révolutions.

Je suis resté seul avec mes envies de rire. Je n’ai jamais su vendre mes folies, je les donnais à ceux qui en voulaient. Humorissionnaire, je tentais de convertir la société tout entière à cette douce folie qui libère de l’angoisse de la vie. Dès que je reçois un message qui parle de folie, je réagis, je frémis à l’idée de croiser le chemin d’une nouvelle lueur d’espoir qui brille dans les yeux d’un clown.

Nous sommes les bouffons du maquis et tentons de mettre un peu de folie douce dans cet univers si sérieux qui préfère la guerre à la vie. Je suis rendu à vivre avec très peu, et même le minimum j’ai de la difficulté à le trouver. Ça me pousse à réduire au maximum mes dépenses, je vis la simplicité involontaire.

Je vais dans des cercles de réflexion et j’essaie de leur dire la nécessité de rendre ludique l’action politique. Ils me sourient et continuent leurs débats sans se rendre compte de l’importance de rire, surtout dans les cercles de la révolution. Résister à la bêtise humaine demande beaucoup de courage et la folie est cette gourde remplie d’élixir de vie qui nous donne une énergie vitale.

Maurice Lever dit dans son livre : «L’oppresseur ne compose jamais avec le rire, c’est l’hommage qu’il rend à sa puissance.»

Le cri du fou qui résonne dans l’écho de la modernité comme une chanson de troubadour qui appelle à la réfolution.

Peuple de la Terre, honorez vos bouffons, écoutez vos foulosophes.

Ne les enfermez pas dans des conclusions trop hâtives. Entendez leurs chants délirants dans le ciel coloré de vos rêves et de vos désirs.

La foulosophie est née d’une union entre la folie et la philosophie. J’ai créé cette branche lors de la tenue du Symfolium, un symposium de folie qui dura 10 jours du 1 au 10 avril 2000. Des fous et folles de plusieurs pays avaient participé à cet événement complètement euphorique. Je croyais en la nécessité de redonner à la folie autant de place que la raison occupait dans ce monde devenu triste et gris.

J’ai eu la chance de rencontrer des maîtres de folle sagesse qui ont pu me guider dans les labyrinthes de la pensée. Dans l’Éloge de la folie, Érasme nous fait découvrir la Moria, cette folie qui est en chacun de nous. Il faut s’en servir comme déclencheur de la réfolution. Je termine avec cet extrait du roman Chien Kamikaze condamné à vivre que j’ai écrit en 86:

Je suis fou à temps partiel clair voyant. J’ai l’esprit curieux comme un télescope. Assis dans ma valise, j’épie de blé d’Inde la musique des enfants forts qui jouent dans la cour du palais de l’injustice sociale. Sous un lampadaire qui éclaire un viol d’oiseaux, je vois un ange qui bat des ailes pour y décoller le goudron noir. Dans un monastère où la prière est à l’abandon, une migration d’idées sauvages se frise pour la révolution. Il n’y a pas d’erreur possible, l’évolution nous conduit dans un tunnel.

Des bruits courent le long d’une rumeur longtemps démentie par la presse, ce principal faux témoin du siècle. Coupable ou non, ce sera la pendaison de l’esprit par la télévision. Surréaliste réalité, même l’air est conditionné. Locataires de votre propre bonheur, entassez vos migraines dans des comptes d’épargne stable. Monsieur le banquier-cigare, fumeur de pauvres, je pisse de plaisir dans votre coupe de champagne

2 commentaires
  1. JF Veilleux dit :

    Et bien je vous dis de continuez votre réflexion dans le même sens !!! Vous êtes aptes à rendre les gens heureux en donnant un sens à votre vie, et à la leur. Le rire est un excellent remède contre la douleur, la tristesse et la dureté de la vie !!!!

    Continuez de répandre votre bonne nouvelle qu’est l’espoir, l’entraide, la liberté d’esprit et d’écriture……. ainsi que la folie, état sentimental nécessaire à la compréhension des limites humaines…

    JFV, philatète.

  2. David Milot dit :

    Bonjour,

    Il y a aussi l’Utopie de Thomas MORE qui conjugue folie, humour et politique. Ici, une analyse qui va dans ce sens: http://www.philosophie-chauvigny.org/spip.php?article47

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