3 octobre 2008
Julie Ledoux
Il serait très hypocrite de ma part de ne pas entamer cette chronique en abordant les coupes budgétaires aux subventions culturelles effectuées par le gouvernement Harper il n’y a pas si longtemps. Je n’ai pas envie d’en remettre encore plus sur la table puisque tout bon lecteur de Bang Bang s’entend pour dire qu’il n’y avait déjà pas suffisamment de subventions avant les coupes et que maintenant c’est juste rendu ridicule. Hé! Mais saviez-vous que les artistes sont tous de grands ados qui passent leur vie à se branler devant leurs créations? Ouais, ben on ne doit pas connaître les mêmes artistes… Bref, continuons de nous informer sur la situation et de manifester notre désaccord puisque si nous arrêtons de le faire, il n’y aura bientôt plus rien pour la relève et tous les artistes qui ne sont pas en résidence à Las Vegas.
World Press Photo 2008
Je vous en parle brièvement puisque lorsque vous lirez ces lignes, l’expo aura quitté Montréal pour satisfaire la soif photographique d’une autre destination tout aussi exotique. Néanmoins, puisque la photo est mon enfant chérie, je tiens à signaler le travail de plusieurs photographes: Rafal Milach pour ses photos d’artistes retraités du cirque et plus particulièrement le clown triste…, d’une beauté en gris et rose, et Cédric Gerbehaye et ses clichés de la République démocratique du Congo…, ses photos en noir et blanc parviennent à rendre la fragilité du système politique et les tensions qui sont toujours présentes dans ce pays d’Afrique. Il y en aurait encore quelques-uns mais notons que la force de l’expo est moindre par rapport à l’édition 2007 sans pour autant être désagréable toutefois. Toujours, en conclusion d’une exposition comme celle-là, une phrase de Dédé Fortin me revient en tête: «Coudonc ça va-tu mal dans l’monde / Ou ben y’a juste moé qui capote […]».
Riot Boyz
Vraiment une expo qui a du chien! Elle gagnerait cependant à être reprise et augmentée: il y en a à dire sur le sujet, continuez les gars! Vous avez encore jusqu’au 12 octobre pour aller explorer l’instinct masculin et le royaume du musc. Il faut que je vous dise que j’aime ça la bière et les masques de lutteurs alors si vous êtes comme moi, vous apprécierez l’expo. Sachez cependant que l’expo, ce n’est pas que ça. C’est une goutte de bière dans l’univers masculin, univers qui gagne vraiment à être représenté dans l’art contemporain. Quelles sont les représentations de l’univers masculin? Sommes-nous encore contraints de voir l’homme en chasseur, lutteur, porn freak? C’est ce que les gars de Riot Boyz tentent de nous expliquer à grand renfort d’ironie et de vérité crachées. À la Maison de la culture Frontenac jusqu’au 12 octobre.
Le mot de la fin?
Allez voir l’expo de Guillaume Tardif (saxophoniste de MAP pour ceux qui connaissent). Une sélection de sculptures et installations intitulée Matière à rejet. À la chapelle du Domaine Maizerets à Québec jusqu’au 5 octobre. Courez-y.
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14 octobre 2008
Bonjour Julie,
Je te suggère l’expo SUSPENSE de Alain Bonder et Pierre Durette qui débute le 15/010/08 à la Galerie Orange à Montréal (81, rue St-Paul Est). Le vernissage est 18h et les artistes seront présents.
Pour télécharger le communiqué de presse www3.sympatico.ca/pierregaulin73/Com_Bonder-Durette.pdf
Pour voir des œuvres des artistes
http://www.galerieorange.com
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COMMUNIQUÉ POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
s u s p e n s e
Alain bonder
Pierre durette
15 octobre au 3 novembre 2008
Vernissage le mercredi 15 octobre 2008, dès 18h
Dans sa volonté constante d’appuyer les jeunes talents en art contemporain, la Galerie Orange de Montréal accueille les peintres Alain Bonder et Pierre Durette. Réunies sous le titre de Suspense, les deux peintres présenteront chacun une vingtaine de toiles, dès le 15 octobre lors d’un vernissage public : Bonder, dans une série intitulée Fear the doily, étrange hommage à l’univers des films d’horreur de série B ; Durette, qui revisite la narration picturale de façon très personnelle.
Dans la série Fear the doily, l’artiste Alain Bonder mise sur la rencontre d’images résiduelles générées par l’instinct et le subconscient. Comme un rêve obsessionnel, la scène se présente avec les mêmes éléments récurrents dans chacune des œuvres : un personnage terrorisé, coincé dans un espace imprécis au-dessus duquel est suspendu une broderie fine mais sombre et apparemment oppressante. Une menace plane, qui utilise l’apparence d’un objet pourtant associé au confort - vision cauchemardesque d’autant plus troublante qu’elle puise dans la représentation archétypale de l’indolence bourgeoise.
« L’angoisse créée par les objets est le grand thème de cette série. Les objets, petits et grands, prennent beaucoup de place dans nos pensées et notre quotidien, et finissent par nous envahir. » Alain Bonder
Pierre Durette affiche ouvertement ses influences : Marcel Dzama, Henry Darger, Geoffrey Farmer et Bruegel L’Ancien inclinent l’artiste vers une relecture active du portrait de groupe et de la narration en peinture, illustrant des chorégraphies complexes peuplées d’habitants minuscules et effrenés. L’artiste met ainsi en scène une ménagerie soldatesque désordonnée, confuse, brutale et dérisoire dans ses uniformes contrastés. L’utilisation judicieuse du crayon sur papier réitère la référence à l’enluminure, à la saga nordique, à l’épopée sans texte.
« Je travaille à partir de banques d’images, de figurines miniatures et de photographies dans lesquelles je me mets parfois en scène pour me positionner au sein de la narration. L’intervention d’éléments en aplats, de photomontage, d’écriture ou de symbole invite à une forme de lecture fractionnée, où même le sujet devient un détail de la structure entière. » Pierre Durette
Natif de Montréal, Alain Bonder vit et travaille maintenant dans la région de Gatineau-Hull. Depuis 2001, il expose régulièrement au Québec, en Ontario et aux Étas-Unis (Galerie Montcalm, Gatineau-Hull - Espace Création Loto-Québec, Montréal - Gallery 511, New York - Ingram Gallery, Toronto). En 2004, il était nommé Viewers Choice Award (Ottawa), distinction reçue à titre d’artiste de l’année.
Pierre Durette s’installe à Montréal après des études en arts visuels à l’UQAM. Ses œuvres ont été présentées partout au Canada et Québec, au sein d’expositions collectives. Membre de l’Atelier Graff depuis 2004, il est élu lauréat de plusieurs prix de soutien à la relève. En 2005, il est invité à l’Université de Wales (Cardiff, Angleterre) pour une résidence de création. Il est représenté depuis 2006 par les galeries Lacerte et Orange.
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