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Le petit tavernier
Propos recueillis par Sunny Duval, approximatif. «Cher Sunny, mon party de fête était vraiment une des journées réussies de l’année. Dommage que tu t’en rappelles pas. Quand je t’ai invité en après-midi à venir nous rejoindre, ma doune et moi, je ne pensais pas que tu allais venir, car je sais que tu ne sors jamais dans les bars avant 23h. Je sais aussi que tu n’es pas vite-vite, alors je me disais que tu n’arriverais pas à temps pour embarquer dans le train de mon party, qui filait à lente allure vers nulle part, mais t’as quand même failli le manquer. Vers 16 heures, tu es apparu sur la terrasse de l’Escgrffe, cet endroit que tu adores et qui devrait d’ailleurs t’accorder bar ouvert en permanence pour tous les services rendus. Je dis ça comme ça. Bref tu es apparu à temps, un dé à la main. C’est quoi ce dé vert, demanda Majorqua. Tu sortis un bout de papier où c’était écrit les chiffres de 1 à 6, avec un nom de drink à côté de chacun. J’ai roulé un 4, qui me donnait droit à un Sunny, drink estival que tu as soi-disant inventé (je sais que tu adores mentir pour le plaisir, salaud, mais maintenant je sais que tu as vraiment inventé ce drink), composé de jus d’ananas, d’eau gazeuse, et d’une double dose de rhum brun, dans une pinte. Ça partait bien le bal. J’étais parti ouriner quand j’aperçus en revenant le pichet de sangria sur notre table. Majorqua avait roulé un 6, et moi je commençais à rouler sur les derniers miles de mon sandwich au buerto del pinôte du midi, faqu’après le pichet, on est allé ensemble dans une burgererie. C’est là que tu as perdu la tête, je me rappelle très bien, en apprenant que Garoo allait jouer dans un film. Jamais je n’ai entendu quelqu’un autant sacrer. J’ai même dû payer ton addition, car tu étais sorti en criant dans la rue, tu te souviens? Haha. Que tu es sensible aux atrocités de la vie. Majorqua nous a ensuite dirigés vers un stand de crème glacée, question d’aller engloutir un accident-au-chocolat et de te donner quelques bouchées pour ton réconfort. Après, on avait froid alors on a remonté chez moi prendre des gilets, et l’article numéro 3 sur ta feuille : un shooter de ma fameuse téquila fraîchement arrivée du Mexique, bien foncée et salée. En fait on a fait deux numéros 3. Avec une pof. Ou deux. Puis Babinette a téléphoné. Vous arrivez ou quoi, qu’elle disait. Elle attendait la suite. On a descendu la rue pour aboutir à la Remise, où Babinette sirotait son verre en espérant qu’on arrive vite, pasque les bonhommes commençaient à lui tourner autour comme des mouches à bière. Faut dire qu’elle est pas très laide, Babinette. Elle a roulé un 1 avec le dé : bière/jus de tomate, excellent pour jouer au billard et au baby foot. Je vous ai d’ailleurs plantés, elle et toi, tout le temps qu’on a passé là-bas. Mais ça, je crois que tu l’as aussi oublié. Après un bref passage chez moi (numéro 2, vodka) pour ramasser des bouteilles pis des couvertes, on a mis le cap sur le parc (ah, l’été…), vers 2h. Vin sur la pelouse (Majorqua a même pas roulé le dé, elle a choisi que le jeu s’arrêtait sur cette bouteille-là). Jusqu’à temps que la police arrive. Ils voulaient savoir si on avait entendu des coups de feu. Bin, non, on écoutait pas. Ils sont repartis, pis toi Sunny, ton hoquet a recommencé, et continué jusqu’à ce que tu sois loin de nous dans le parc, en route vers chez toi, à raccompagner Babinette qui habite en chemin. D’ailleurs, tu prétends qu’elle a tenté de t’attirer dans le royaume de l’adultère pendant que son fiancé dormait sans doute, mais que tu as refusé, en gentleman, honneur pis tout le reste. Moi j’oublierai jamais mon 27ème anniversaire. Je tenais à te le rappeler. Signé: Don, Don Plantès.» sunny@lesbreastfeeders.ca del.icio.usdigg
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