RECHERCHER :

Reportages et entrevues
12 mai 2008
Alexis Charlebois-Laurin

«Je vais être ben franc avec toi, moi aussi je pensais qu’on était mort à un moment donné», lâche Simon Leduc, chanteur-guitariste de La Descente du Coude. C’est qu’après environ deux ans d’inactivité, un site web laissé à l’abandon total et très peu (pour ne pas dire pas du tout) de nouvelle de sa part, on était en droit de se demander si le groupe ne s’était pas sauvé sans donner de nouvelles. Alors qu’on ne l’attendait plus, la formation lancera Coup de foudre, un album beaucoup plus accessible que ce qu’il avait fait auparavant, sur l’étiquette Grosse Boîte.

«Dans le fond, c’est un album plus mélodique. On a réussi à faire des chansons plus cohérentes. C’est moins des raboutages de riffs. Puis au niveau des textes, c’est moins des dénonciations, c’est plus des textes qui se rapprochent de moi. Tout ça fait que le groupe prend une nouvelle tournure plus intéressante qui est plus proche de notre réalité, c’est plus authentique», explique Simon. Et c’est la première chose qu’on remarque à l’écoute de ce nouvel album pour lequel les quatre gars sont retournés travailler avec Marc-André Beaudet des Sainte Catherines. Le résultat est beaucoup plus fluide musicalement et les textes sont moins contorsionnés. «Je pense que je parle au nom de tout le monde dans le groupe en disant qu’on était plus ou moins satisfaits de ce qu’on avait fait jusqu’à maintenant. C’était forcé souvent. L’idée du break pour le groupe, c’était en partie de prendre plus notre temps pour composer et d’arriver avec des chansons qui nous feraient plus plaisir et qu’on n’aurait pas de misère à jouer longtemps parce qu’on les aimerait pour vrai.» Un élément auquel s’ajoute l’arrivée d’un enfant pour Simon, des études qui demandent pas mal de temps pour deux des membres et la reprise de l’entreprise familiale pour le quatrième.

«L’important maintenant, c’est que si je suis capable de jouer une toune à la guitare acoustique et d’avoir une version qui me convient après, c’est plus facile d’arriver au local et de monter quelque chose de bien. Chose qui n’était pas possible avec le stock qui se trouve sur le EP et l’album. C’était un peu trop broche à foin», dit Simon. Est-ce que ça veut dire que toutes les bonnes critiques ne valaient pas de la marde? «Il y a eu des bonnes critiques mais il y en avait aussi qui nous disaient de faire de quoi d’un peu plus mélodique. De toute façon, on avait pris cette décision avant de voir les critiques», rajoute André-Guy. «Dans le fond, ç’a commencé la première fois qu’on a fait la chanson Branchez-le, une pièce que Simon faisait déjà dans son répertoire acoustique tout seul pis qu’on a monté pour la compilation de CISM. C’est à partir de là que c’est devenu important de partir d’une chanson qui se tient acoustiquement», précise Normand.

***
«On a vu l’évolution. On connaît l’histoire de Dare To Care de son premier jour jusqu’à maintenant. On s’entend qu’au début, on collait nos pochettes à la main… Aujourd’hui, c’est vraiment une équipe qui travaille avec nous et ça fait toute une différence», fait valoir P-O à propos de l’évolution fulgurante de son étiquette de disques depuis la parution L’indécence du coup en 2005. Une évolution due en grande partie à Malajube qui a sorti la scène musicale indépendante de l’ombre. «C’est clair que Malajube a eu un impact. Le groupe a amené un côté mélodique avec quelque chose d’un peu agressif dans sa musique. Il a haussé le niveau d’un cran par rapport à ce qui se faisait ici et depuis les bands essaient d’arriver avec le meilleur stock possible et de monter des meilleurs arrangements. Je pense que pendant un bout il y avait un certain complexe d’infériorité ici. Les bands ont arrêté de penser que pour réaliser un bon album, il fallait être sur un major pis y avoir accès», ajoute Simon.

«À quelque part, c’est un peu n’importe quoi les ventes d’albums de nos jours. Le succès de ton album est vraiment plus palpable dans tes shows. Quand il y a du monde dans tes spectacles et qu’ils connaissent les chansons, c’est là que ça devient le fun et que tu vois si le monde aime le disque ou pas. Le vrai succès, il est là», conclut Simon. (Alexis Charlebois)

Coup de foudre en magasin depuis le 6 mai

www.myspace.com/ladescenteducoude

28 juin – Metric Bar (Saint-Jean-sur-Richelieu)

Pas encore de commentaire. Laisser un commentaire