CHRONIQUES
L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
Pierre Falardeau n’est pas un raciste
Le petit tavernier
Sunny Duval
À L’Astral 2000
Semi-automatique
André Péloquin
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Un pied dans bouche
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C’est novembre, suicide-toi quoi!
Du haut de la King
Dominic Tardif
Goodbye Thibaut
Base art visuel
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Ode au changement
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La télé vidéo, en stéréo?
Ste-Barbe
Mike Bergeron
La galerie du pont
Jet Set de Ruelle
Hugo Mudie
Hugo Mudie, Animateur GAMIQ 2009
L'abominable homme des cons
13 août 2008
Simon Jodoin

« Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes, et non pas de leurs maladies. »
– Molière, Le malade imaginaire

Il y a des jours où je me dis que la vie en ce pays est, pour la moyenne des gens, si tranquille, si confortable, qu’il faut bien se créer quelques problèmes pour avoir l’impression d’exister… En effet, que serait la condition humaine sans le mal? Ne jamais souffrir serait l’équivalent de la mort, ou d’une vie continuellement sous anesthésie.

Chacun souffre comme il peut. Certains s’inventent des drames amoureux. D’autres, pourtant bien portants, s’inquiètent constamment de leur santé. D’autres encore, bien que nageant dans une abondance matérielle évidente, craignent sans cesse de manquer de quelque chose et économisent de manière compulsive… On aurait beau leur dire que tout va bien, qu’il n’y a pas de problème en vue, rien n’y fait… Si tout va bien, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche…

Il y a par contre des gens pour qui la souffrance est bien réelle. La pauvreté, le manque d’amour, la faim, la solitude sévissent quotidiennement ici bas dans ce petit coin confortable de l’occident. Et il y a une certaine inélégance de voir des problèmes inventés par des malades imaginaires occuper tout l’espace public alors que ceux qui doivent composer à chaque instant avec de réelles difficultés doivent le faire en silence et se battre constamment pour atteindre une certaine visibilité

La semaine dernière, un clochard dormait sur le banc de l’arrêt d’autobus au coin de Plaza St-Hubert, et de Jean-Talon. Je le vois tous les jours ces temps-ci et il y en a de plus en plus dans mon quartier lors de la haute saison touristique. J’imagine que la saison des festivals montréalais est assez difficile pour ces types qui dorment normalement dans les rues du centre-ville. Je lui ai tapé sur l’épaule.

- Bonjour monsieur. Que pensez-vous du spectacle de Paul McCartney pour le 400e anniversaire de la ville de Québec ?

- Hein…!?!… Quoi là ?

- Paul McCartney… Vous savez, ce type qui se déplace en jet privé pour se faire prendre en photo en caressant des phoques sur la banquise, celui qui s’est fait anoblir par la Reine et qu’on appelle « Sir Paul »… Il jouait la basse dans les Beatles il y a une quarantaine d’années… Qu’en pensez-vous ?

- Tu m’as réveillé ducon! Osti de trou de cul. Sais même pas de quoi tu me parles! J’arrive tout juste à trouver le sommeil et tu me déranges pour me parler de ça ???

Je lui ai filé un deux piasses en m’excusant. J’avais pourtant l’impression que je tenais là un grave problème qui concerne le sort mon peuple, une profonde problématique politique et sociologique qui l’intéresserait. Mais non… J’ai gagné de me faire traiter de trou de cul et une certaine gêne…

Une certaine gêne je vous dis… Un malaise. Un peu comme si j’étais un gros bien portant qui se gave de foie gras et de Sauterne au nez des indigents en se demandant s’il n’aurait pas mieux fait de choisir un Pauillac et un gigot d’agneau aux truffes…

Le faux débat autour du spectacle de Paul McCartney, c’est de la pornographie politique. Ça tient sur le papier glacé d’un magazine, avec beaucoup de maquillage et de vaseline… Ça permet à des types de se crosser à trois mains à défaut d’avoir une relation amoureuse bien réelle… Et quand on jouit, on ne pense plus à rien… On oublie tout… Même que la fille est en papier.

Je sais… je sais… Je n’ai rien compris. Ce n’est pas le sort des indigents qui est en cause, ni celui des aidants naturels, des pauvres gens qui travaillent pour quelque piasses de l’heure sans jamais pouvoir prendre de vacances, de ceux qui ont faim et qu’on chasse des beaux quartiers pour y faire pousser de la salade à touriste… « Vous mélangez tout monsieur le chroniqueur »… Le problème ici c’est qu’on a invité un Britannique pour célébrer l’anniversaire de la ville de Québec sur les Plaines d’Abraham… C’est ça le problème. C’est ça qui est grave!

Ben oui, c’est ça… Je n’ai rien compris… Il y avait quelque chose à comprendre ?

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Un commentaire
  1. JF FORTIER dit :

    Tant qu’à moi, on peut le réinviter anytime. En 2042 pour le 400e de Montreal ou/et en 2034 pour le 500e de la visite à Jacques. Meilleur show à vie yes indeed it was…

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