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REPORTAGES & ENTREVUES

15 mai 2008

À cheval entre une alliance claire au mouvement psychobilly et un ferme désir à vouloir se démarquer d’un genre trop formulé ou sériel, Gutter Demons surfe sur l’ambiguïté avec un contagieux plaisir.

Nouvelles du jour
10 mai 2008
Jean-Nicolas Labrie

À travers ses nombreux festivals, la métropole rie, groove, se délecte de films d’horreur et danse dans un igloo. Qu’en est-il de ces marginaux qui vénèrent une musique électronique plus sombre? Le festival Kinetik a pensé à eux.

Malgré ses airs bourrus et son esthétique gothique, le festival Kinetik est, selon ses organisateurs, accessible et ouvert à tous. La musique électro-industrielle, qui a influencé beaucoup de mouvements asociaux au cours des trente dernières années, tentera ici de captiver un public plus vaste que la simple clique qui se trémousse froidement au deuxième étage du Saphir. En effet, on tentera d’attirer tous ceux qui sont intéressés par l’électronique et les multimédias. Dans cette idéologie, faisant suite au travail commencé avec C.O.M.A (qui a rassemblé plus de 1400 participants durant le week-end d’avril 2007), le festival sera encore plus ouvert à un public en manque de sensations fortes, tout en gardant sa vraie nature véritable, question d’amener un nouveau concept de festival à Montréal.

«L’énergie cinétique est l’énergie que possède un corps du fait de son mouvement. L’énergie cinétique d’un corps est égale au travail nécessaire pour faire passer ledit corps du repos à son mouvement de translation et de rotation actuel.» Se servant de ce leitmotiv songé, la première édition du festival Kinetik se veut une réponse à cette réalité: que tout corps possède une énergie interne lorsque mis en mouvement par des déclencheurs. Dans le cas qui nous concerne, l’interaction entre l’énergie (son, lumière, images) et un corps (l’assistance) placés tous deux dans un environnement où tous ces sens sont mis en demande.

Cette force brute et vive reflétée dans une musique électronique physique et plus obscure se veut plus forte et plus noire, question de pousser au maximum les différents sens de la foule vers de nouveaux horizons. Suivant l’évolution de la musique électronique, le festival se déploie en quatre phases, chacune respectant une thématique musicale précise: électronique (phase 1 – Nitzer Ebb, The Horrorist), industrielle (phase 2 – Funker Vogt, les Montréalais de Headscan), rythmique noise (phase 3 – Feindflug, Xotox), pour culminer avec le coté plus tribal du drum’n’bass / hardcore (phase 4 – Manu le Malin, The DJ Producer). Avec une palette sonore aussi large, le festival se veut un reflet de la musique électronique et de son évolution durant les 25 dernières années.

Pour permettre une complète immersion par la force de frappe vive de l’électronique, le festival veut toucher à tous les médias pour apporter un support supplémentaire à la musique. Projections live durant toutes les prestations par des VJ reconnus, exposition interactive de différents artistes (peinture, dessin, constructions multimédias) avec performances live durant les spectacles… On souhaite donc aux organisateurs de ce festival entièrement financé par des intérêts privés un franc succès, question de secouer la scène industrielle québécoise bien tranquille depuis quelques années. (Jean-Nicolas Labrie)

www.festival-kinetik.com

15-16-17 mai – Usine C et Caserne Letourneux (Montréal)

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