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En date du 23 juin dernier, 264 000 sites font référence à Julie Couillard (celle de Maxime Bernier et compagnie, bien sûr) selon Google. C’est 230 000 pages Web de plus que Navet Confit et 175 300 jalons manquants au Bell Orchestre, le violon d’Ingres de certains membres d’Arcade Fire, pour égaler la dame sur la Toile. Pas de doute, Julie Couillard est la nouveau hype. Bientôt, Julie sera signée sur Grosse Boîte ou Saboteur, s’offrira en prestation à Osheaga ou encore dans son salon sur P45. Ensuite viendront les détracteurs («je préférais Julie Couillard avant qu’elle ne fréquente Maxime Bernier, quand elle était plus underground, tsé») puis les imitateurs (est-ce que le chum d’Annie Dufresne – c’est Hubert Reeves, right? – se mettra autant dans l’embarras en oubliant des documents chez elle? C’est ce qu’on va voir.). Mais comment une hype se manufacture au juste? J’ai interrogé deux intervenants aux antipodes l’un de l’autre en espérant cerner une réponse au milieu. Qui est Julie Couillard? Qui la crée? Lorsqu’on lui demande qui est le principal responsable d’une hype (sa radio? les blogues? les journaux? Maman Couillard!?), Martin Roussy de CISM n’hésite pas à pointer du doigt. «Toutes ces réponses!», clame-t-il. «Le dictionnaire Collins dit de la hype que c’est faire usage de beaucoup de publicité pour créer de l’intérêt pour un produit. Quand un groupe local débute, maintenant on dirait qu’il y a un code déontologique bien précis à suivre qui implique tous ces intervenants du milieu dans l’ordre ou le désordre», poursuit le directeur musical de la station universitaire qui a autant contribué aux premiers succès des Trois Accords que ceux de Malajube et d’Arcade Fire (une de ses premières entrevues s’est enregistrée lors de l’émission Indie Go). Le chanteur Mathias «Mental» Pageau, lui, aborde la chose d’un œil plus temporel… «La notion de hype est un peu comme la notion de moderne ou d’historique: quelque chose qu’on constate quand il est déjà trop tard.» Courtisé par différentes instances dès ses débuts, l’artiste pop hétéroclite a, bien malgré lui, aussi flirté avec cette notion. «La hype qui m’a entouré était plus une question de synchronicité. Pop Montréal et Saboteur sont arrivés en même temps et en parallèle, ils ne se sont pas consultés.» Il n’en fallait pas plus pour que certains médias s’emballent. Alors que la rumeur se serait rapidement tue en France, au Canada ou aux États-Unis, celle-ci est devenue cacophonique dans la Belle Province. «Je ne pense pas que deux, trois articles et autant de billets de blogues forment une hype à tout casser», avoue Pageau avant d’ajouter: «sauf dans le milieu de la chronique québécoise qui est, et je dis ça le plus candidement du monde, un peu consanguin, dans le sens que c’est un petit marché, tout le monde se connaît et il finit par avoir beaucoup de publications, d’une qualité indiscutable, mais où on finit par se répéter. Tsé, comme Karkwatson, ne viens pas me dire que t’as lu un article pis que tu les a tous lu, et ça, malgré la qualité du produit. Pis tu sais que le monde qui lit le Nightlife lit aussi le Bang Bang, le Ici, le Voir et ainsi de suite.» Roussy abonde dans le même sens. «Tu n’as qu’à regarder le nombre imposant de journaux, de blogues, de radios Internet, de webTV, de shows de TV, de podcasts et de fanzines. Tout ce beau monde-là a besoin de se mettre de quoi sous la dent! Tout le monde est maintenant à l’affût de groupes émergents. Tout le monde!» Et Mathias de renchérir: «De plus, ces journalistes écrivent souvent dans deux publications en moyenne en plus de leur blogue, donc des fois c’est normal que tu aies l’impression de te faire enfoncer quelque chose dans la gorge!» Ou parfois de se faire gifler dans le cas de Pageau. Est-ce que Julie Couillard peut être dangereuse? «Vu de même, la réaction de Robillard, même si je ne suis pas d’accord avec la méthode, est normale», poursuit Pageau. Évidemment, la hype est aussi un terme à double tranchant. Alors que certaines instances médiatiques – souvent plus vertes – l’accueille à bras ouverts, d’autres s’en méfient dont ce vieux routard d’Olivier Robillard Laveaux, le chroniqueur scène locale du Voir, qui est rentré dans le lard de Mental après une prestation plus ou moins réussie (et toujours avant la parution d’un premier album). «Je ne me justifierai pas pour cette prestation, enchaîne l’artiste. C’était notre pire show à vie, mais je pense surtout que des fois, les académiciens de la scène locale ne comprennent pas c’est quoi un processus créatif et qu’ils inversent la cause et l’effet, tsé. Quand un groupe manque son coup, les critiques disent “ils ne méritent pas son succès”, mais c’est peut-être juste parce qu’il tâtonne et qu’il est en train de couver quelque chose qui bûche. Quand le groupe arrive avec quelque chose de hot après, souvent les gens ne font pas le lien.» De plus, à l’extérieur du vieux couple formé par les groupes et les scribouillards, les consommateurs, eux, peuvent aussi demeurer insensibles à la hype. «On dirait que l’offre ne répond pas toujours à la demande en terme de couverture médiatique, ajoute Roussy. Ce qui fait que quand le nouveau Chocolat sort, tous les animateurs de CISM le jouent, tous les journaux en parlent, tous les blogueurs l’abordent, tous les shows de webTV se l’arrachent… mais est-ce que tout le monde l’achète? Bref, c’est simple se faire hyper à Montréal de nos jours, mais vendre des disques, c’est autre chose!» En plus d’insensibiliser les mélomanes, la hype peut aussi attirer des indésirables… comme les nouveaux amis de Julie Couillard, tiens. «Cela étant dit, je ne pense pas que la hype soit une si bonne affaire. Ça t’attire des hipsters, mais ils te laissent tomber au bout de deux semaines parce qu’ils te trouvent tellement last week.» Et la semaine suivante alors? Qu’est-ce que l’avenir réserve à Julie Couillard? Est-ce qu’elle gagne à la fin du livre? Lorsqu’on leur demande ce que l’avenir réserve à la hype et à ses victimes, nos deux spécialistes demeurent tout de même souriants. «Je pense que ça se voit assez vite quand c’est con et que ça prend le monde pour des épais. Tsé, le “indice” au début, c’était comme “wow, ça ne pourra jamais être mauvais”, conclut Pageau en rigolant. Mais tout ça et le reste, ça suit des patterns vieux comme le monde. Lis n’importe quelle biographie de n’importe quel artiste de n’importe quelle époque et c’est flagrant. Et je ne veux pas vendre le punch, mais the good guy wins in the end.» Et Roussy de terminer avec ze citation qui tue: «C’est Public Enemy qui chantait Don’t believe the hype… et il avait raison.» Julie Couillard et son bouquin à venir in extremis, eux, l’ont compris. André Péloquin digg
9 commentaires
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15 juillet 2008
Je me demande qui va jouer Julie Couillard dans l’inévitable mini-série (peut-être qu’elle sera faite à l’ordinateur)?
16 juillet 2008
Tiens!! Ça me fait penser à la Porsche Cayenne:
Brune,
pleine de rondeurs à l’extérieur,
look “tape-à-l’oeil” un peu vulgaire,
coûte cher de gaz.
Pour ce qui est de l’intérieur.. il est.. drabe…
Tout pour plaire aux morons parvenus… ;)
16 juillet 2008
J’pense qu’ya un hype sur toi Péloquin…
Fais attention!!!
gloups!
Bisous dans l’cou
Do
xx
17 juillet 2008
moie j’ai coucher avec!
17 juillet 2008
Shakakan a couché avec tout le monde. Shakakan est le nouveau Alanah Myles, tiens.
17 juillet 2008
Une hype sur Péloquin.
En tout cas, moi j’ai donné la main à ce gars là avant qu’il ne soit hypé…
17 juillet 2008
Sorel a écrit : “Shakakan a couché avec tout le monde”
Pas avec moi. Il a mis des pubs de coors où on voit des culs de filles trempes qui jouent au caddy sur le site du BangBang, de pubs de ford qui sucent, des pubs de “meet your thaï beauty today”, des cossins adsense, je pense même qu’il a été jusqu’à s’abaisser à me demander de placer des pubs de miouze.ca, mais il n’a pas couché avec moi… Ça, je le jure!
S.
18 juillet 2008
Y’a eu des pubs de Ford et de Bell aussi, come on.
18 juillet 2008
Partons des rumeurs, j’ai frenché Alexis avant qu’il soit le nouveau Mudie.