RECHERCHER :

ARCHIVES
CHRONIQUES
L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
Je dis fuck off dans les deux langues
Le petit tavernier
Sunny Duval
La fête à Don, Don Plantès
Semi-automatique
André Péloquin
Julie Couillard est le nouveau Seattle…
Un pied dans bouche
Ed Hardcore
Qui brosse les cheveux des licornes?
Foulosophie 101
Francois Gourd
Peuple, à genoux attends ta délivrance.
Du haut de la King
Dominic Tardif
Quand je fais ma part pour Tourisme Sherbrooke
Base art visuel
Julie Ledoux
Ottawa au rythme du IIIe Reich et Montréal entre deux mondes
Je zappe et je matte
Jean-Nicolas Labrie
L’été de tous les dangers
Ste-Barbe
Mike Bergeron
Un Colisée Bang Bang?
Cinéma/DVD
25 février 2008
Patrice Caron

Réalisé par Julien Temple.
IFC First Take

La réputation de Julien Temple n’est plus à faire. Documentariste privilégié des premiers jours du punk anglais, il a le matériel et les connaissances pour aller plus loin que les images de cartes postales que l’histoire voudrait bien garder de ces précurseurs. Il avait, avec The Filth and the Fury en 2000, réalisé le document définitif de l’histoire des Sex Pistols, une façon pour lui de boucler la boucle d’une épopée commencée avec The Great Rock ’n’ Roll Swindle en 1980. Et pour Joe Strummer: The Future Is Unwritten, il répète l’exploit, sinon plus, avec le document le plus complet jamais réalisé sur la vie de Joe Strummer, né John Graham Mellor en août 1952 à Ankara et entré pour l’éternité dans la légende le 22 décembre 2002.

Julien Temple est allé creuser profondément au cœur de l’homme, y découvrant de multiples facettes de sa vie jusqu’alors inconnues ou mal interprétées qui pourtant permettent de cerner plus précisément le personnage, son trajet et ses motivations. Le documentaire est fait d’une courtepointe d’images provenant tant des archives familiales que la télévision d’État britannique, entrecoupés de films d’époques ou de lieux en lien avec la trame narrative (extraits de publicité, documentaires, reportages et films qui appuient le propos de Strummer et les différents intervenants du documentaire). Ceux-ci sont réunis pour la plupart (tous sauf Mick Jones en fait) autour d’un feu pour raconter leurs souvenirs, la trame de fond du documentaire, inspirée de Strummerville, un jamboree (depuis devenu une œuvre caritative pour les musiciens émergents) organisé par le musicien sur sa propriété où tous étaient bienvenus autour du feu pour échanger et jammer jusqu’au matin. Un symbole très fort dans l’imaginaire de Strummer, qui deviendra pour lui la façon de partager ses idées et sa musique, un moyen de réconcilier les différentes phases de sa vie et qui finira par lui redonner le goût de remonter sur scène.

The Clash demeure un des morceaux les plus constitutifs du film. Temple y déploie tout le génie qu’on lui prête, avec des images jamais vues auparavant ou si c’est le cas, montés de façon différente, avec des entrevues de personnalités telles que Bono, John Cusack, Johnny Depp, Jim Jarmusch ou Flea, démontrant l’impact global de ce groupe. On y sent un respect certain pour The Clash mais sans complaisance, la critique des contradictions y est aussi présente que les éloges. Et il en va de même avec Strummer, son passé de hippie fils de diplomate à sa période prolo-punk politisé, tout y passe. Et ça se termine avec l’image d’un homme qui a finalement fait la paix avec tout ça, sachant enfin qui il est.

Julien Temple réussit encore à humaniser une des icônes de la musique populaire sans déboulonner sa statue, à donner plus de profondeur à un artiste figé dans l’idée que les autres ont de lui. On en vient à aimer encore plus cet homme qui a fait sa marque indélébile dans l’histoire de la musique et on n’écoute plus ses chansons de la même façon. Un film incontournable pour quiconque s’intéresse à la grande histoire du rock et une valeur sûre pour ceux qui aiment les documentaires bien faits.

www.joestrummerthemovie.com

Pas encore de commentaire. Laisser un commentaire