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Reportages et entrevues
12 juillet 2008
Dominic Tardif

Swaggalicioso, déridant mixtape de Jeune Chilly Chill, met en vedette le MC et ses acolytes dans toutes leurs folies débordantes et leurs excès de noceurs de carrière. Point cependant entre ces invitations à l’excès, d’autres pièces où le membre de NulSiDécouvert se fait plus pensif, voire tendre. Discussion autour des mémoires d’un jeune homme dérangé, mais juste un peu.

Le mot dichotomie a à peine été prononcé que le Chilly Chill soumet sa propre analyse de son personnage. «Moi je ne vois pas ça comme une dichotomie. Quand je fais Jeune Chilly Chill et que je me la pète vraiment beaucoup, je me présente comme je suis, je présente la vie que je vis, mais puissance 10. J’essaie tout le temps, même dans les chansons où je me la pète beaucoup, de garder un petit côté humoristique et de montrer l’autre côté du personnage. Je ne me gêne jamais dans une toune pour dire que je fais le party, mais que je vais peut-être finir dans mon propre vomi ou de dire que je vais dépenser de l’argent comme si j’étais riche, mais que le lendemain je serai peut-être pas capable de payer mon loyer.» Le regard spéculaire que porte l’homme sur ses propres excès est d’ailleurs sans doute ce qui a de plus novateur dans son travail.

D’après le principal intéressé, il faudrait cependant se garder d’y voir moquerie et mépris. «Quand tu fais du rap où tu te la pètes et que tu le fais de manière humoristique, il y a des gens qui vont voir ça comme de la parodie, comme si je riais du gansta rap, mais moi je suis un fan de gansta rap et j’aime trop la culture hip-hop pour en rire. Je ris plus de moi-même.»

JCC propose également sur Swagallicioso quelques versions de pièces hip-hop américaines (Gold Digger de Kanye West devient Plotte à cash, le beat de La Di Da Di de Slick Rick et Doug E. Fresh est trituré par les mandibules de DomHameLLL, une expression comme «Hit me» devient «Frappe-moi»). «C’est un exercice de style. En même temps pour moi, ça fait un petit lien avec les années 60 et le yéyé québécois où c’était presque tout le temps des traductions. Je trouve que le genre de hip-hop un peu plus pop, un peu plus adolescent qui se fait ces temps-ci fitte vraiment avec l’esprit des années 60.» On le retrouve sur scène aux FrancoFolies en compagnie de Maître J, de DJ Phills Mills et possiblement, de quelques danseuses!

www.myspace.com/chillmastax

25 juillet – FrancoFolies (Montréal)

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