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Reportages et entrevues
27 février 2008
Carole Bertrand

À l’occasion de la sortie publique de Fury and Flames, le dernier monstrueux bébé extreme death metal du groupe Hate Eternal, confession d’un père très angoissé: Erik Rutan. Celui qui est à la fois le fondateur, la voix, le guitariste, le producteur et l’âme d’un des groupes les plus heavy de l’histoire en arrive à oublier l’épuisement général pour son obsession du moment: comment le monde va-t-il accueillir Fury and Flames?

«C’est bizarre, tu sais. J’ai travaillé tellement longtemps sur cet album. J’y ai consacré tellement d’énergie. C’est comme si j’avais jeté toute ma vie dedans. Je me souviens d’un moment vers la fin des sessions en studio où je me suis assis dans un coin et j’étais alors complètement vidé. Et maintenant je me dis que je dois juste le laisser partir, attendre de voir comment il va se débrouiller. Je suis très fier. Intimement je sais que c’est un truc énorme, mais j’angoisse comme un fou en me demandant si les gens vont sentir tout ce qu’on a misé là-dedans et tout le travail qu’on a accompli.»

Lorsque Rutan s’est éloigné de Morbid Angel et Riping Corpse pour se consacrer davantage à Hate Eternal, il sentait que ce groupe méritait une implication totale. L’aboutissement a été en 2005 I, Monarch qui avait rendu les fans hystériques et emballé la critique.

Hate Eternal apportait au genre de la musicalité et une production ultra soignée (assurée par Rutan lui-même), là où avant seules comptaient la brutalité et l’ultra rapidité. Est-ce que le but de Fury and Flames est de surpasser I, Monarch? «Cet album est super chaotique, super lourd. Mais il est surtout chargé à l’émotion. OK, les musiciens du groupe sont très forts, mais la technique, c’est le moteur, pas l’essence. Tout est dans l’émotion, aussi bizarre que ça puisse paraître. C’est l’émotion qui fait le death metal! On n’a pas voulu faire mieux, on a voulu y mettre plus d’accomplissement, l’ouvrir davantage.»

Pour cet enregistrement, Rutan n’a pas seulement recruté des amis pour se créer une bulle. «Travailler avec eux, c’était tellement particulier. On se connaît si bien, les idées fusent et on va tous dans la même direction.» Il a aussi réuni des prodiges instrumentaux, comme le batteur Jade Simonetto. «Sa vitesse est incroyable, il a une acuité et une endurance exceptionnelles. En plus, il groove comme personne, ça manquait au groupe!»

Pour l’heure, les réactions sur la qualité de l’album sont très bonnes, mais ça n’empêche pas le groupe de voir très loin pour l’impact de son dernier chapitre. «En l’écrivant, même en studio, j’étais très immergé dans ce que je faisais et je savais que ce serait mon meilleur disque. C’est un album de tueur! Mais maintenant je veux qu’il déclenche chez les fans qui l’écoutent de l’émotion…»

Une nervosité et des attentes qui pourraient sembler disproportionnées maintenant que le gros du travail est fait et que le temps de la tournée est venu, mais l’extreme death metal a toujours eu son lot d’excès et de démesure, ce qui constitue une toile de fond logique pour le genre qui est probablement le plus vorace et le plus exigeant du rock dur. (Carole Bertrand)

Fury and Flames en magasin depuis le 19 février

www.myspace.com/haeteternal

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