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Ce jeune musicien américain est mort dès l’âge de 26 ans, à moins d’un an de l’âge maudit des plus grandes légendes du rock. Pourtant, il demeure encore méconnu du grand public, malgré le fait qu’il ait influencé une tonne de jeunes créateurs. Mais qui donc est Gram Parsons?

Comme plusieurs artistes rock, un passé trouble le hante dès son enfance. Son bourgeois de père, venant d’une richissime famille du Sud du pays, se suicide le soir de Noël, alors que Gram (né Ingram Cecil Connor III le 5 novembre 1946 en Floride) n’a que 13 ans. Mère alcoolique, petite sœur membre en règle au refuge des malades mentaux, cet héritage fêlé ne ralentit pas ce prodigieux musicien. Sa mère devenue alors riche héritière, elle se remarie à Robert Parsons puis meurt quelques années plus tard en 1965. Le beau-père dilapide la fortune familiale par la suite.

À 18 ans, il fonde le groupe The Shilos, puis l’International Submarine Band. Son style musical, sur le point d’aboutir, est autant influencé par la musique country américaine traditionnelle que par le folk électrifié à la Bob Dylan qu’il décide un jour de réunir en une seule musicalité. Le succès est critique certes, mais le public, lui, ne s’y colle pas. Pourquoi? Les hippies de l’époque, passionnés de folk, ne veulent pas entendre parler de country, qu’ils considèrent comme étant de la musique de rebelle. Pour leur part, les admirateurs de honky tonk rejettent ces complaintes de drogués.

Il se rend néanmoins à Los Angeles pour concrétiser sa vision: la cosmic american music. L’idéologie de cette nouveauté musicale est simple: injecter dans le country l’énergie et l’attitude du rock’n’roll et la sensibilité de la musique soul de ses grands chanteurs noirs. Cette formule va inévitablement révolutionner le country, musicalement parlant du moins. Il l’enseigne d’abord aux Byrds, un groupe qu’il joint le temps d’un album (le chef-d’œuvre Sweetheart of the Rodeo de 1968) pour ensuite le quitter sur un coup de tête. Dans les faits, il refuse de suivre le groupe en tournée en Afrique du Sud, car Parsons s’oppose fermement à l’apartheid. Dès lors, il a le potentiel d’une star en devenir: ambition, charisme, égocentrisme maladif…

Au passage, en restant à Los Angeles, il devient le frère de sang du guitariste des Stones, Keith Richards, lui apprenant entre autres les plaisirs du country-folk. De son côté, Richards lui enseigne les vertus de la mode gypsy et le goût pour l’expérimentation des drogues dures. Devenu l’intime de Richards, il compose avec les Stones le morceau Wild Horses et l’intègre, en accord avec eux, à un album des Flying Burrito Brothers, un nouveau groupe que Parsons a créé avec Chris Hillman, autre membre démissionnaire des Byrds, avant que l’album Sticky Fingers des Stones ne sorte en 1971. En parallèle, Parsons gère mal l’ambiance au sein de son propre groupe et ses écarts de conduite, reliés à une forte consommation d’héroïne et d’alcool, troublent de plus en plus son comportement. Il oublie de se rendre aux répétitions, se fait jeter de scène ivre mort, et parfois même par ses musiciens qui ne supportent plus de le voir ralentir le tempo des morceaux comme sous l’effet d’un frein narcotique.

Il finit donc par s’envoler en solo, épouse deux femmes et rencontre dans une gare de train de Baltimore LA partenaire idéale à qui Parons demande d’intégrer son groupe de scène, Emmylou Harris. Deux albums suivent (GP en 1972 et Grevious Angel en 1973) et après les sessions de studio du dernier album, il se paie des vacances débridées dans un château en Californie, passant le plus clair de son temps à consommer des drogues et de l’alcool.

L’inévitable finit par se produire le 19 septembre 1973. À la toute fin de ses vacances, une dernière virée funeste, durant laquelle il se claque morphine et tequila, lui est fatale. Malgré tout, les causes véritables de sa mort reste à définir. Une curiosité morbide vient cependant terminer de façon mythique le parcours de Parsons: son ami et manager, Phil Kaufman, respectant un pacte passé avec lui, vole sa dépouille et la calcine en partie dans le désert.

Disparu à 26 ans, Gram Parsons est reconnu à sa juste valeur bien des années après sa mort lorsque la critique comprend qu’il est l’initiateur d’un genre, le country-rock. Musicien encore trop souvent méconnu aujourd’hui, il a vécu un parcours des plus colorés, digne des plus grandes légendes du rock.

www.gramparsons.com

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