RECHERCHER :

Reportages et entrevues
11 avril 2008
Patrice Caron

Pas facile d’être le seul noir de ton école. Surtout quand tu es Blanc. Eric Sean Nally en porte encore aujourd’hui les séquelles, tentant tant bien que mal de vivre sa dualité. Résultat possible d’un éventuel clonage de Freddie Mercury et de James Brown dans un même corps, Nally peut mettre ses personnalités en vedette avec Foxy Shazam, le groupe de Cincinnati qu’il forme en compagnie de Loren Daniel Turner (guitare), Daisy (basse), Schuyler Vaughn White (claviers) et Joseph Allen Halberstadt (batterie) où chacun semble avoir un besoin intempestif d’exprimer physiquement leur besoin de repousser les limites.

Formé en 2003 par Nally et Turner, Whyler s’ajoutant peu de temps après, avec une rotation de bassiste et de batteur qui s’est calmée l’année dernière, juste à temps pour la production et la parution de Introducing, deuxième album du groupe. Le vrai premier, The Flamingo Trigger, qui l’a quand même fait tourner pendant 18 mois, ne démontrait pas selon le groupe ce qu’il voulait vraiment faire, au contraire de celui paru sur Ferret Records en janvier qui l’illustre le plus près possible, sa livraison sur scène étant difficilement canalisable sur disque. Mais une fois le groupe vu en concert, l’album prend une autre dimension et on s’imagine parfaitement les acrobaties et les monologues qui remettent le tout en perspective.

Trop nombreuses pour être recensées, les influences de Foxy Shazam se résument surtout en émotions que la vie lui apporte, tentant de le reproduire en musique. Comme de rendre le plaisir d’un bon repas en une pièce musicale de 3min30 qui pourrait figurer dans un opéra-rock avec de la musique qui se tient et non pas de la bouette MOR. Même si certains passages sont fromages à souhait et qu’on a l’impression de tomber sur une ballade mélo d’Elton John ou de Chris de Burgh, l’humour rattrape le tout et fait du sens de tout ça. Et en concert, on comprend.

Parce que c’est en concert que le band est à sa place et on se retrouve à plaindre ceux qui l’ont précédé ou qui le suivront sur scène. Toute l’énergie accumulée dans le camion ressort dans la presque heure que dure la prestation de Foxy Shazam. Ça gicle de tout côté, à peine contenu par les limites physiques qui l’entoure. Nally se transforme en front man hyperactif, rugissant et flamboyant, lui qui chuchotait presque de discrétion il y a à peine cinq minutes, soutenu et accompagné avec le même abandon par White qui frappe son clavier de toutes les parties de son corps, le sourire en permanence vissé au visage. Les autres ne donnent pas leur place et on en vient à ne plus savoir où regarder, de peur de manquer un fait saillant d’un concert qui n’est en fait qu’un best of de 45 minutes. On sort du concert avec le même sourire que White et il dure pour un bon bout de temps.

On aura l’occasion de se donner une bonne dose de bonheur avec la venue en nos contrées des Evel Knievel du rock’n’roll dans une des multiples tournées qui les garde sur la route pour près de cinq mois. Loin de se plaindre, le groupe en redemande, ce qui ne devrait pas trop être dur à contenter. (Patrice Caron)

www.myspace.com/foxyshazam

2 mai – Club Lambi (Montréal)

Pas encore de commentaire. Laisser un commentaire