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Alain Denis Avant de quitter son bureau pour une sabbatique, un prof de littérature trouve à sa porte un sac plein de cassettes sur lesquelles sont enregistrées les conversations de cinq étudiants ayant échoué son cours. Le roman nous donne droit aux dites conversations ainsi qu’aux réflexions qu’elles suscitent chez le prof. Situation initiale accrocheuse, d’autant plus que les étudiants ne sont pas des tarés. On cite Kafka par-ci, on invoque Bakhtine par-là, il est même question de kidnapper Réjean Ducharme sous prétexte de commettre une «violation de l’intimité» québécoise. Hélas, la pluie de concepts théoriques ne suffit pas à nous rendre attachants les protagonistes. Au contraire, les dialogues souffrent de cette littérarité, comme en souffrent les réflexions du prof, désincarnées. Les intrigues adultères sont tissées de rebondissements tarabiscotés, du pari sur le nombre de partenaires à l’assiette empoisonnée en passant par l’enregistrement clandestin destiné à faire chanter les infidèles, auxquels s’ajoute le spectre, bien inutile, de l’arrivée de l’an 2000. C’est d’ailleurs ce que je retiens du livre: terminer une histoire le 31 décembre 1999 n’est pas synonyme de richesse interprétative, et pire encore, le procédé est usé à la corde.
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