RECHERCHER :

Reportages et entrevues
20 août 2008
André Péloquin

Dans la fameuse fable de La Fontaine, le renard dévore un brie tombé du bec d’un corbeau plutôt con. Le collectif indie folk de Seattle Fleet Foxes, lui, a un museau plus racé et se nourrit d’éloges depuis la parution de son premier album éponyme. Entrevue fromagée avec Skye Skjelset, guitariste et cofondateur de la troupe.

Primo, pour briser la glace, votre groupe se voulait tout d’abord un duo formé lors de vos études secondaires. Déjà là, rêviez-vous d’une carrière ou ce n’était que pour passer le temps?
Bah, pas vraiment. Bien qu’on ne rayait pas la possibilité d’en faire un «métier», c’était trop embryonnaire pour qu’on délaisse tout pour ça, vous voyez. C’était plus un moyen de se faire des amis, de rencontrer des collègues, faire du réseautage, etc.

Des années plus tard, Fleet Foxes est maintenant un quintette qui réunit autant des musiciens qui se sont auparavant fait connaître dans des projets plus électro à la Crystal Skulls ou encore plus rock à la Pedro The Lion. Qu’est-ce qui réunit autant de musiciens au parcours si bigarré dans un projet aussi folk que le vôtre?
Comme vous le dites, c’est plus l’amitié qui nous tient ensemble que nos goûts musicaux! Le plaisir de jouer les uns avec les autres et tout ça. Et puis bon, qu’on fasse de la pop, du punk ou de la techno, le folk est une musique qui rejoint tout le monde, non?

La plupart des médias ont de bons mots pour votre CD. The Guardian a notamment écrit que c’était déjà «un classique de la musique états-unienne» alors que Pitchfork Media lui a donné la note exceptionnelle de 9 sur 10. Est-ce que toutes ces louanges vous influencent sur la route?
On le voit surtout à l’achalandage aux shows et à l’activité sur notre MySpace. On essaie de se détacher de ses bons mots, mais ça demeure gratifiant. C’est autant encourageant pour nous que pour ceux qui seraient inspirés à gratter une guitare après avoir écouté une de nos chansons.

J’ai lu plusieurs critiques de vos concerts sur des blogues et certains rédacteurs comparent ceux-ci à des expériences religieuses. On a écrit, par exemple, que «le public présent au spectacle était joyeusement bigarré: des jeunes, des vieux, des hipsters, des hippies, coudes à coudes, tous perdus en ce moment.» Mais qu’est-ce qui se passe pendant une prestation de Fleet Foxes pour mettre une foule dans un tel état?
Parce que c’est là qu’on excelle (rires)! Plus sérieusement, la scène est vraiment notre environnement préféré. Bien que ce genre de commentaire nous fait chaud au cœur, on ne fait rien de spécial en spectacle. On ne se lance pas dans des expérimentations ou des jams interminables. On se contente de jouer notre disque et ç’a l’air de plaire aux gens. Tant mieux! On va continuer dans cette direction.

Puis finalement, pour rigoler, avec le succès vous entourant et le buzz autour de groupes comme The Cave Singers ou Aqueduct, est-ce qu’on serait témoin d’une résurgence de Seattle comme le Montréal des États-Unis en tant que capitale de la zizique alternative?
J’en doute! Tout comme lors des beaux jours du grunge, la plupart des musiciens qui font de la musique à Seattle de nos jours ne proviennent pas de l’endroit. De plus, on ne tente pas de s’émuler l’un l’autre ou encore un certain son ou une époque quelconque. Tous ces groupes ont une personnalité unique. Désolé de vous décevoir, mais ce n’est vraiment pas le cas!

(André Péloquin)

www.myspace.com/fleetfoxes

Pas encore de commentaire. Laisser un commentaire