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Semi-automatique
Faut qu’j’surveille mes arrières, ça commence à jaser au boulot. «C’est toi le gars qui écris les critiques méchantes? C’est toi qui fais le cave à la webtélé? C’est toi André Péloquin?» Faut que je brouille les pistes. «Non, moi j’suis l’autre André Péloquin, celui qui prend des clichés osés de demoiselles qui n’ont pas trop l’air de s’amuser pendant la séance photo. Googlez-moi! Vous allez voir! Pis faites-moi signe si vous voulez que je vous croque le portrait, tsé.» Voilà, on y verra que du feu. Passion ou boulot? Là est la question. Certains musiciens se dégotent une jobine – «en entendant que ça paye, tsé» – pour payer les factures et financer le démo. Puis viennent les premières critiques et Péloquin (le scribouillard, pas le pervers à lentille) massacre le maxi. Pire encore, Dare To Care ne répond pas à nos appels. On est déçus, mais ce n’est pas très grave, car on peut bien garder le 9 à 5 – «juste en attendant que ça paye, j’te dis» – pour rembourser la marge de crédit puis investir dans un album. Des années plus tard, le «en attendant que ça paye» devient «en attendant de prendre sa retraite» et on se retrouve comme Michael Hutchence: mort triste, seul, dans la douche, la corde au cou et la bite entre les doigts (véridique!). Au moins, Elvis, lui, avait encore son pantalon aux genoux… Jacques-Olivier Moffatt, de son côté, est plus veinard que le King et l’ex-chanteur d’INXS car il est toujours en vie et évite de subir les frais de sa passion – le groupe funk Mozaïq – en la finançant par une autre: l’enseignement de l’éducation physique au collégial. Rencontré à son bureau le lendemain matin du lancement, Moffatt (le frère d’Ariane, en effet) est pimpant. L’œil vif, le discours passionné, la poignée de main ferme, il n’y a pas de doute: ce gaillard arborant un short et un pull en polar (tenue qui est évidemment aux antipodes de ce qu’il porterait sur les planches) est bien la même bête de scène vue la veille au Téléjournal de la SRC. Quelques minutes avant de renseigner ses élèves sur les bienfaits des exercices cardiovasculaires, Jack s’est penché sur cette fameuse dualité l’habitant. «J’ai laissé tombé un poste dans une école secondaire réputée pour la musique. J’y étais permanent! J’suis donc passé d’un très bon salaire à près d’un an de chômage», poursuit-il en faisant la moue. Et si «ze occasion» se pointait? Qu’arriverait-il si on offrait la chance à Mozaïq de jouer à l’extérieur du Québec, du Canada ou encore du continent pour un bon moment? Le chanteur et professeur n’hésite même pas. «C’est clair que je laisserais tomber ça ici. Je n’ai rien contre mes étudiants, je trippe avec eux, mais c’est ce qu’on s’est promis avec les autres gars de Mozaïq si ça arrivait.» Pour en savoir (et même, en voir) beaucoup plus, surfe sur le www.tv.bangbangtemort.com pour visionner le premier webisode d’En attendant que ça paye, la nouvelle série documentaire s’intéressant au côté le moins reluisant d’un esprit créatif: le cubicule l’emprisonnant de jour. Vous avez des suggestions d’artistes de tout acabit qui paye leur chauffage d’une autre façon qu’en tétant des bourses ou de l’argent à leurs parents? Écrivez-nous à tv@journalbangbang.com www.bangbangtemort.com/podmodernisme
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