RECHERCHER :

PODCASTS

Reportages et entrevues
14 mars 2008
Alexis Charlebois-Laurin

«J’aime croire que je transmets un feeling anti-establishment à travers notre musique.» Voilà comment Nick Urata, le leader de la formation de Denver, explique en partie pourquoi on qualifie souvent la musique de sa formation de gypsy-punk. Une musique qui est aussi bien un mélange de mariachi, polka, tango, rock’n’roll et on en passe. DeVotchKa nous revient avec A Mad & Faithful Telling, la suite très attendue de son excellent How It Ends paru en 2004.

«Nous avons écrit cet album sur une période de deux ou trois ans. Souvent, j’avais des idées au mauvais moment et je devais les griffonner sur un bout de papier ou encore me laisser des messages sur ma boîte vocale pour chanter des mélodies. Alors quand est venu le temps d’enregistrer le tout, on voulait que ça soit le plus fidèle possible, à un point un peu excessif, et je crois que c’est ce qui transparaît sur l’album», me lance Urata pour justifier le titre de son nouveau disque. Une nouvelle parution tout aussi éclatée et orchestrale que son travail précédent et qui se retrouvera cette fois sur l’étiquette Anti-. «On n’aurait pas pu trouver un meilleur label. On entend beaucoup d’histoires d’horreur à propos d’étiquettes qui essaient de changer le travail des groupes mais ça n’a pas du tout été le cas avec eux. En plus, ils ont une écurie incroyable.» Vous voulez savoir quel nom en particulier? «Oh man, Tom Waits. C’est un grand héros pour moi», dit Urata sans aucune hésitation.

En 2006, le groupe a fait paraître un EP comprenant cinq reprises dont la pièce The Last Beat of My Heart de la formation Siouxsie & the Banshees. La chose lui avait été proposée par nul autre que notre cher Win Butler d’Arcade Fire. Un disque sur lequel le quatuor reprend aussi un titre de Frank Sinatra. «J’aimerais retourner au début des années 1960 pour avoir la chance de voir autant le Rat Pack et les grands musiciens de jazz que les débuts des Beatles et des Rolling Stones. C’était le grand schisme musical. Tout le monde avait l’air tellement cool sur les images en noir et blanc. Je ne sais pas si les gens étaient plus cool à l’époque mais ils avaient l’air de l’être en tout cas.»

Urata ne considère pas sa musique comme étant quelque chose à travers laquelle il veut faire passer un message politique de façon explicite mais il ne se défile pas lorsque vient le temps de parler de la pré-campagne américaine. «Je suis assez excité par Obama. Je crois qu’il pourrait battre McCain. Le soleil semble briller à nouveau. Il apporte beaucoup d’espoir, pour les jeunes surtout. Hillary est une bonne personne mais elle a des liens avec la guerre et nous avons besoin de quelque chose de nouveau. Il y a beaucoup de crap que nous devons laisser derrière nous.» Puis Obama va sortir l’Amérique d’Irak et du marasme économique? «Je suis optimiste. Disons simplement que je suis optimiste.»

Ce nouvel album se termine d’ailleurs avec une pièce au titre très optimiste, New World. Un morceau au rythme enivrant qu’Urata voit d’une façon particulière. «C’est inspiré d’un peintre qui a fait plusieurs voyages à Tahiti. Au cours des dernières années de sa vie, il disait y retourner beaucoup en pensée et que ça le rendait heureux. C’est l’idée de cette chanson. Tout le monde se crée un monde idéal qui n’existe peut-être pas, probablement pas en fait, mais le simple fait de l’avoir dans sa tête nous permet d’espérer et de continuer dans la vie de tous les jours.» (Alexis Charlebois-Laurin)

www.devotchka.net

Pas encore de commentaire. Laisser un commentaire