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Reportages et entrevues
1 mai 2007
Kathleen Murphy

Il n’y en a plus beaucoup à convaincre lorsqu’on discute la place du métal québécois au niveau international. Son rayonnement est en expansion et les groupes d’ici s’exportent de plus en plus. L’exemple donné par Despised Icon est significatif. Formé il y a seulement cinq ans, ses efforts ont rapidement porté fruits: après un contrat signé chez Century Media, une des plus grosses boîtes métal à travers le monde, il a vendu plus de 20 000 copies de The Healing Process (2005) en plus de compter plusieurs semaines en position de tête du décompte D-Stroy de MusiquePlus. Le 22 mai prochain, la bande nous offrira son troisième effort The Ills of Modern Man.

Rejoint chez lui, quelques heures avant son départ pour la première tournée européenne de la formation, qui a eu lieu au cours du dernier mois, Alex Erian, un des deux chanteurs, semblait excité de fouler le sol du vieux continent: «Beaucoup de gens nous écrivent d’outre-mer, donc je suis très confiant que cette tournée va marcher. Mais je suis nerveux, on doit encore faire nos preuves». Le groupe a acquis beaucoup d’expérience en tournée depuis les deux dernières années; il a fait plusieurs fois le tour du Canada et des États-Unis en compagnie des groupes les plus influents du métal tels que Deicide, Suffocation, Hatebreed, Napalm Death et Morbid Angel. Mélangeant le style death et hardcore, le groupe a pu se tailler une place respectable dans les deux clans, non sans verser quelques gouttes de sueur. «Il est difficile de dire de quel côté la réponse est la meilleure. Certains fans de death vont nous dire que nous sommes le seul groupe hardcore qu’ils écoutent, et vice versa. Ça apporte beaucoup de diversité. Mais ç’a été plus dur avec les puristes de la scène death metal aux États-Unis. C’est dur de convaincre une foule quand tu es le premier groupe à jouer. Les gens ne portent pas tous attention. Malgré tout, on reste surpris de la réaction.»

Selon Alex, le nouvel album se révélera le plus métissé de sa discographie. «Ce sera le plus diversifié des trois albums. Chaque chanson a sa propre personnalité et les arrangements sont beaucoup plus matures.» La liste d’invités est impressionnante: Ian Campbell et Maynard (deux ex-Neuraxis), Elliot (Beneath The Massacre), Paul (Profugus Mortis), Chris Donaldson (Cryptopsy) ainsi qu’une réunion de Gab et Kevin, ancien et nouveau chanteur d’Ion Dissonance. «Ce sont tous de grands amis, des gars qui ont aidé Despised Icon dans son cheminement.» Aussi, un vidéo pour In The Arms Of Perdition sera disponible ce mois-ci. Tourné lors d’une vague de températures glaciales au mont Radar, dans un endroit isolé et enneigé, le résultat est frissonnant. «Il règne une certaine ambiance de froideur dans le vidéo, en plus que notre chaufferette ne fonctionnait pas. On a travaillé avec un ami qui vient de chez nous, JP Bernier. Un deuxième vidéo sera tourné ce printemps.»

Tout récemment, un nouveau membre est entré dans la famille de Despised Icon pour remplacer Yannick qui a quitté un peu plus tôt cette année. «Il restera un très bon ami du groupe, mais il devait tourner une page». Originaire de Boston, Al Glassman s’est largement démarqué parmi la trentaine de candidatures reçues lors des auditions tenues pendant l’enregistrement de l’album. «Il a montré la bonne attitude. Il est motivé, déterminé, perfectionniste. Il veut même s’exercer à apprendre le français.»

Un contrat en poche avec Century Media, 20 000 albums vendus, une rotation fréquente à MusiquePlus et une présence sur les ondes de MTV; il ne fait plus aucun doute que les réalisations professionnelles du groupe sont majeures. Sur le célèbre site MySpace, plus de 450 000 personnes ont visité la page de Despised Icon, totalisant plus de 720 000 écoutes. À une époque comme la nôtre, ce site contribue au succès mondial de plusieurs artistes qui ne bénéficient pas de la machine promotionnelle réservée aux artistes grand public. «On ne peut pas nier l’influence d’un site comme MySpace. La porte ouverte vers le monde est immense, Internet n’a eu que du positif pour nous. Nous avons eu un contrat avant d’avoir notre page MySpace. Aujourd’hui, c’est le contraire.»

Laissons Despised Icon nous prouver encore que le métal québécois brille en dehors des frontières. Décidément, il y a de quoi être fier! À surveiller attentivement, l’album The Ills of Modern Man sera disponible le 22 mai prochain. Ça promet!
www.despisedicon.com

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