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![]() Despised Icon est entré dans l’arène métal québécoise sur les chapeaux de roues en 2002 avec un premier brûlot, Consumed By Your Poison (réédité en 2006 sur Century Media), qui en a laissé plus d’un pantois, posant du coup les assises d’un deathcore aussi urgent que viscéral continuellement peaufiné depuis par la formation. Deux albums successifs – The Healing Process en 2005 suivi de The Ills of Modern Man l’an dernier – et quelques tours du globe plus tard, il semble juste d’affirmer que le groupe est aujourd’hui passé au rang d’incontournable sur le plan international. Du coup, les jeunes hommes entretiennent toujours des liens très serrés avec la scène montréalaise qui les a vus naître. À juste titre s’apprêtent-ils d’ailleurs à parcourir une dizaine de villes québécoises et ontariennes en tête d’affiche du bien nommé Montreal Assault Tour aux côtés de quelques-uns de leurs complices de la faction féroce. C’est donc lors d’une toujours plus rare halte montréalaise entre la Russie et le Mexique que nous avons attrapé au vol Alexandre Erian, vocaliste de la rageuse formation, afin d’en savoir plus. D’emblée, comment le guttural screamer perçoit-il l’engouement aujourd’hui rencontré par le genre défendu par la formation et surtout jadis perçu comme l’éternelle zone grise? «C’est sûr qu’il y a aujourd’hui un regain de popularité assez impressionnant pour tout ce qui touche au metalcore/deathcore alors qu’à nos débuts en 2002, on se faisait souvent snober par l’un ou l’autre des deux clans. Trop métal pour l’une, trop hardcore pour l’autre. Évidemment que l’on ne fait pas ci ou ça dans le but de souscrire à un trend quelconque. Disons qu’on aime surtout l’idée de rassembler des gens de différents horizons.» Un éveil ne s’est pourtant pas fait sans modulation si l’on réfère notamment au passage de la batterie aux vocalises en ce qui concerne le principal intéressé, suivant le départ – en bons termes, spécifie-t-on – de Marie-Hélène Landry, ce qui aura immanquablement altéré la facture sonore de l’ensemble qui a délaissé ses inclinaisons grindcore pour s’ancrer fermement dans un deathcore plus archétypal. «Les deux premières années ont été plutôt mollo en fait, c’est à partir de 2004 que tout a commencé à prendre une réelle ampleur. À un certain moment, on s’est demandé si on arrêtait ou on mettait le gaz à fond. En 2003, on avait fait à peu près cinq shows, on était vraiment sur le bord de tout sacrer là. En plus des changements au sein du groupe… Et puis à partir du moment où j’ai fait le switch aux vocals, tout s’est enclenché.» De là un renouveau sur le plan créatif, ce qui amène un questionnement sur le fonctionnement au sein même du noyau créateur. «La majorité de la composition se fait entre moi, Éric Jarrin (guitare) et Alex Pelletier (batterie). Après quoi, tout le monde s’implique dans l’élaboration des structures. Ça demeure principalement un travail de groupe. On a des riffs qui respirent beaucoup malgré l’aspect technique. On ne veut pas que ce soit de la masturbation musicale ou un truc réservé à un auditoire trop pointu. C’est un processus beaucoup plus organique que ça et je crois ou du moins j’espère que ça s’entend dans le son au final.» Du coup, avec les tournées à côtoyer les grosses pointures du genre, aux quatre coins du globe, non seulement le son mais aussi le regard sur le métier s’affûte. «Ça m’intimide encore souvent d’être reconnu à travers le monde. On a rencontré tellement de groupes qui se la jouent big et qui vivent sur leur statut de rock star. Il faut avant tout que ça reste amusant», de commenter le novice dans la cour des grands avant d’enchaîner: «beaucoup de bands ont des managers et se suivent partout comme des cohortes… Pour ma part, je préfère encore l’approche plus DIY du métier. Et je crois que ça se reflète dans nos choix de carrière autant que dans la musique elle-même. On aime toute sorte de choses qui débordent largement un seul et unique carcan. On a tourné avec Hatebreed, The Black Dahlia Murder, Morbid Angel, The Locust, etc, ce qui démontre bien que l’on reste ouvert, qu’on ne veut pas se limiter à un seul milieu. Ça prend plusieurs cordes à son arc pour nourrir la création de façon significative, sinon ce n’est que du surplace.» - Question facile mais je me dois de le faire: métal ou hardcore? Touché. Et si c’était à refaire? «C’est tellement différent. On a commencé avant qu’il y ait la hype sur Montréal. On entendait parler de Cryptopsy, Kataklysm, Gorguts, Voïvod et c’était à peu près ça. C’était beaucoup plus tough d’aller jouer aux States – bien avant l’avènement MySpace et de tous ses dérivés. On a fait ça très old school. On envoyait nos démos par la poste à tous les labels et les bookers et on attendait des mois… Les nouveaux bands ont tellement plus de ressources. C’est certain qu’en y repensant et en observant la vitesse à laquelle ça peut aller aujourd’hui, il y a une partie de moi qui aurait aimé démarrer la machine maintenant.» À défaut de quoi, les hommes se rabattront sur une tournée ent’ chums pour quelque dix dates. «On est vraiment des amis avant tout et puis, étant tous pris par nos projets, on s’est dit que le meilleur moyen de passer du bon temps ensemble était de faire un show. On s’épaule tous depuis nos tout débuts… Ça va être vraiment gros: on le fait pour les gens d’ici. Et c’est probablement notre seul spectacle en sol québécois pour l’année. On voulait donc mobiliser le plus de gens possible. C’est la crème du métal local. Et bien qu’on parcoure le monde, c’est ce petit deux semaines-là qui me tient le plus à cœur. C’est drôle mais j’ai la ferme impression que plus on tourne partout dans le monde, plus j’authentifie toujours plus mon identité québécoise. On a beau faire de 150 à 200 shows par année dans une quinzaine de pays, y’a rien comme un show de pouèlles au Québec!» Pur et dur. (Stéfane Campbell) 5 juin – Club Soda (Montréal) ===========
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