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![]() David Martel a beau raconter avoir écrit sa première chanson à l’âge de 15 ans, c’est seulement aujourd’hui, à l’âge de 28 ans, qu’il ose en présenter un bouquet en solo. Il signe avec I Hardly Knew Me un premier album à haute teneur autobiographique. Le natif de Saint-Hubert, né d’un père francophone et d’une mère anglophone, a retenu I Hardly Knew Me comme titre afin de décrire le passage du temps sur son caractère. «La personne que j’étais quand j’ai commencé et celle que je suis aujourd’hui est différente, ce sont des relations avec des filles qui m’ont le plus changé, des gens malades autour de moi aussi, grown-up stuff you know». La chanson The Good Lord dans laquelle il s’en prend à lui-même et à la façon dont il traitait les autres auparavant a joué un rôle considérable dans ce processus. Preuve qu’il s’est depuis réconcilié avec lui-même et avec son passé, David Martel a choisi en guise d’ornements pour la pochette de son album des photos de lui à 7, 17 et 27 ans. «J’apprécie la vie beaucoup plus aujourd’hui, j’ai appris à être beaucoup plus sensible.» Martel avait toujours entretenu des doutes quant à l’idée de signer un album uniquement de son nom et ce, bien qu’il ait toujours été l’auteur-compositeur principal des groupes dont il faisait partie (Fry That Boot, onlyforward). Le déclic se fait lorsqu’il assiste à l’arrêt montréalais de la tournée Illinois de Sufjan Stevens, frappé par la liberté artistique que la carrière en solo permet. «Chaque fois qu’il va en tournée, il amène qui il veut.» Ces nouvelles responsabilités causent cependant quelques maux de tête à Martel qui était habitué à la générosité et à l’insouciance de ses amis-collègues de groupe. «Il y a des nouvelles réalités avec le côté solo, je commence à jouer avec des pros. C’est pas des cheaps, mais après un certain moment, ils veulent être payés.» Est-ce à dire que les gigueux entrent au local de pratique comme on entre à l’usine? «Je rencontre des deux mondes, je préfère jouer avec des gens qui le font parce qu’ils aiment ça, parce que ça paraît dans la façon qu’ils jouent». Le travail de recherche du bon musicien est d’autant plus ardu que les arrangements touffus de David Martel nécessitent des musiciens adroits. Sur I Hardly Knew Me, peu de chansons suivent une construction pop classique, Martel leur préférant plutôt une structure en étage, proche de celle du post-rock. «C’est plus un challenge pour moi d’écrire une chanson simple. Les gens doivent toujours m’arrêter parce que je veux en mettre trop». Epic pop, c’est ainsi que le chanteur Mike O’Brien décrit la musique de Martel, expression seyant bien à la plupart de ses chansons qui s’écoutent comme on suit un parcours initiatique, du minimalisme guitare/voix initial jusqu’à la pétarade orchestrale ultime. Martel est d’avis que sa structure chouchou est une transposition musicale de sa personnalité: «Je suis une personne qui vit au maximum. Quand j’ai de la peine, j’ai beaucoup, beaucoup de peine, quand je suis content, je suis vraiment content, je suis une personne très extrême». Il aura de quoi être content le 5 juin lors de son lancement alors qu’il sera accompagné de pas moins de 12 musiciens. (Dominic Tardif) I Hardly Knew Me en magasin depuis le 27 mai www.myspace.com/iamdavidmartel 5 juin – Cabaret Juste pour rire (Montréal)
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