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![]() «Après Count Me Out, je suis déménagé à Washington, DC et j’ai essayé de me trouver une vraie job et d’avoir une vie normale mais ça n’a pas fonctionné. Je crois que c’est difficile de réintégrer la société de façon normale après avoir joué dans un groupe hardcore et fait des tournées pendant une couple d’années», m’avoue Jason Mazzola, aujourd’hui chanteur de la formation Cloak/Dagger. Un groupe qui vient de sortir son premier long jeu, We Are, sur Jade Tree en septembre dernier. Si Count Me Out faisait surtout référence au son youth crew de la fin des années 1980, son nouveau projet emprunte davantage au son et à l’urgence de Black Flag, Circle Jerks et Minor Threat du début de cette décennie. Est-ce un choix en réaction au son aseptisé adopté par plusieurs groupes punk rock et hardcore aujourd’hui? «De nos jours, il y a beaucoup de groupes ennuyants et qui jouent selon les règles mais il y a aussi plusieurs autres qui font des choses intéressantes. Comme Fucked Up évidemment. Ce groupe a pris beaucoup de chance avec ce qu’il a fait musicalement sur Hidden World et c’est parfait selon mon point de vue. Je n’aurais pas vu un groupe faire quelque chose comme ça il y a cinq ans. Il a juste repoussé les limites de ce qu’est la définition du hardcore.» Un hardcore qui n’est certainement pas mort en 1986 comme l’a laissé sous-entendre le documentaire American Hardcore sorti l’année dernière. «Ce n’est pas mort. Je pense que la période à laquelle ils font référence avait un niveau d’excitation sans précédent parce que ce qu’ils faisaient était vraiment nouveau et qu’ils prenaient des chances mais il y a encore des groupes qui font ça aujourd’hui. Les choses se sont peut-être un peu calmées mais ce n’est définitivement pas mort.» «J’aimerais retourner à cette période à laquelle tu pouvais voir Youth Of Today, Gorilla Biscuits, Chain of Strength et un groupe comme The Cro-Mags» dit avec excitation Mazzola. Les choses devaient en effet être assez particulières à New York dans la deuxième moitié de la décennie 90. Une époque où se présenter en tant que punk pouvait être dangereux. «Je crois que ce n’est plus du tout dangereux aujourd’hui. L’aspect marketing a probablement beaucoup à voir avec ça. Il y a des grosses entreprises qui utilisent des groupes hardcore pour promouvoir leurs produits. C’est juste safe de nos jours. Il y a encore des bagarres dans les shows mais maintenant que je suis plus vieux, je suis juste habitué à ça. Mais quand j’étais jeune et que j’allais voir des shows à Washington, DC, je me disais parfois que ce soir c’était mon tour de me faire tabasser. En particulier la première fois que j’ai vu Integrity. Peu de temps avant la parution de System Overloaded. Dwid avait les cheveux mauves et était vraiment dans son prime time. Tous les gars qui étaient là étaient tellement énormes. Man…» Le chanteur remettra les pieds au Québec pour la première fois depuis une tournée avec Strike Anywhere en 2000 et cette fois en tant que chanteur d’un groupe qui n’a pas vraiment besoin de la participation de la foule pour donner un bon show comparativement à l’époque de Count Me Out où un show sans sing along, piles on ou de jeunes voulant s’emparer du micro rendait des fois les choses un peu incontrôlables. «Avec Cloak/Dagger, tu peux autant jouer devant des petits ou des gros publics et tu n’as pas vraiment besoin de la participation du public. Même si personne ne bouge, ça ne veut pas dire qu’ils s’ennuient et nous nous amusons aussi. Mais dans le fond, comme pour tous les groupes, des fois tu peux arriver et il n’y a pas un chat mais ceux qui sont là veulent vraiment te voir jouer.» (Alexis Charlebois-Laurin) www.myspace.com/wearecloakdagger 3 mai – Casbah (Québec) Écouter l’album ici: www.jadetree.com/radio/stream/JT1125
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