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foulosophie 101
8 mai 2008
François Gourd

Jadis, on protégeait les fous car ils étaient en contact avec le divin. Des chamans et des sorcières nous aidaient à comprendre la voix des esprits. Des guides nous apprenaient le langage de notre subconscient. Aujourd’hui, l’humanité est borderline, il faut lui réapprendre à fonctionner.

Créons une nouvelle école avec comme enseignants les amis autistes ou atteints du syndrome d’Asperger et autres êtres sensibles qui communiquent avec les atomes de la Terre. Explorons le Laboratoire des Utopies dans L’Arbre des Possibles, le site créé par Bernard Werber. Le dialogue est ouvert pour les esprits instinctifs et créatifs. Parlons d’amour et de tendresse au lieu de prouesse technologique. Que nous vaudra un ordi directement branché dans notre cerveau si nous ne pouvons plus produire des rêves?

Le foulosophe pense que pour atteindre le bonheur, il faut trouver l’équilibre entre les deux côtés de notre cerveau. Le créatif et le calculateur, la folie et la raison, la science et l’intuition, Castor et Pollux. Dans un vidéo de TED (Technology Entertainment Design), la neurologue Jill Bolte Taylor tient dans ses mains un vrai cerveau humain avec ses deux côtés complètement séparés l’un de l’autre mais reliés par un cordon contenant des milliards de minuscules fils…

Huit ans auparavant, un vaisseau sanguin a explosé dans son cerveau gauche. En perdant toutes les facultés de celui-ci, elle a été submergée par le côté droit. Elle a volé et pénétré des dimensions irréelles. Elle était dans un état de joie immense, dans le nirvana et ne voulait pas revenir à sa vie normale, comme les revenants d’expériences de mort imminente. Elle a découvert la joie féérique du côté de l’intuition.

Le «Je pense donc je suis» de Descartes nous a fait vénérer la pensée au détriment de l’instinct, du cœur et du corps. L’humain, pour se dissocier de l’animal, s’est élevé dans la sacro-sainte intellectualité. Des hordes de penseurs ont pris le contrôle de la destinée de l’humanité. Cela nous a mené au constat fatidique de la réalité d’aujourd’hui. La déshumanisation outrageuse continue ses ravages. On s’épile tous les poils du corps, on élimine les odeurs et les rides. On va devenir des androïdes plastifiés.

Les narcissiques et autres personnalités toxiques, les control freaks et les manipulateurs nous ont imposé leur pensée unique depuis des siècles.

Nous avons besoin de faire une pause universelle afin de faire le vide pour mieux nous comprendre. Nous ne contrôlons plus nos pensées. Elles sont «comme un cheval fou» dans notre tête.

«…Environ 80 à 90% de la pensée chez l’humain est non seulement répétitive et inutile, mais aussi en grande partie nuisible en raison de sa nature souvent négative et dysfonctionnelle. Il vous suffit d’observer votre mental pour constater à quel point cela est vrai. La pensée involontaire et compulsive occasionne une sérieuse perte d’énergie vitale.», extrait du Pouvoir du moment présent d’Eckhart Tolle.

J’ai assisté sporadiquement pendant huit ans à des enseignements de philosophie et de psychologie bouddhiste au Centre Kankala. Cela m’a beaucoup aidé à calmer mon esprit. Je suis loin de la sagesse mais je souffre moins. La philosophie orientale nous enseigne à nous libérer du vacarme mental qui nous stresse.

«Par nature, nous sommes donc l’espèce vivante la plus apte à l’angoisse. Et l’un des mécanismes les plus efficaces de défense à l’angoisse consiste justement à s’interdire de poser les problèmes. On évite alors de poser des questions en vivant ici et maintenant, c’est toujours ça de bon à prendre.», Boris Cyrulnik.

La valeur dominante aujourd’hui est celle de la pensée unique qui constitue à accumuler des fortunes. Les gens sont jugés sur ce qu’ils ont plutôt que sur ce qu’ils sont. La course folle de la consommation résulte de l’abandon des valeurs sacrées de la vie comme le respect, la compassion, l’amour, la justice et la liberté.

Il y a tout de même des humains qui veulent un autre monde.

«Anticapitalistes, altermondialistes, ou toi qui cherches la vérité sur ce monde, la résistance de demain (…in cha allah…) à la veille d’une révolution. Mondiale et spirituelle, la rage du peuple, la rabbia del pueblo, parce qu’on a la rage, celle qui fera trembler tes normes. (…Parce qu’on a la rage…) La rage a pris la populasse et la rage est énorme», Keny Arkana dans La Rage du peuple (à écouter sur Internet).

J’ai passé ma vie à faire la fête. J’ai organisé des centaines de cabarets en hommage à la lune, la folie, la réfolution et la résistance ludique. Je danse comme les Juifs dans le film Un violon sur le toit. Mazel Tov!

L’humanité veut mourir, qu’elle meurt. Moi je serai heureux jusqu’à ma dernière goutte de vie et même de l’autre côté du miroir je danserai. Je plisse les yeux pour voir dans l’autre dimension. Puis-je vous inviter au bal de la fin des temps? Heureux par devoir comme disait Patch Adams. Il existe des milliers de livres sur le bonheur. À vous de trouver le vôtre. Robert Blondin dans Le bonheur possible nous indique plein de références au bonheur. J’y ai trouvé ces extraits du poème de George Moustaki:

«Je déclare l’état de bonheur permanent
Et le droit de chacun à tous les privilèges.
Je dis que la souffrance est chose sacrilège
Quand il y pour tous des roses et du pain
Je conteste la légitimité des guerres.
La justice qui tue et la mort qui punit,
Les consciences qui dorment au fond de leur lit
La civilisation aux bras de mercenaires.
Je regarde mourir ce siècle vieillissant:
Un monde différent renaître de ces cendres.
Mais il ne suffit plus simplement de l’attendre
Je l’ai trop attendu, je le veux à présent.
(…) Il y a de la place pour tous et pour chacun.
Mais il nous reste à faire encore du chemin
Pour aller voir briller une étoile nouvelle
Je déclare l’état de bonheur permanent.»

Samedi 21 juin 2008, Les Lents d’Amérique présenteront La Journée de la Lenteur dans le parc Lafontaine. Arrêtez le temps et venez vivre à la vitesse de la pâte à pain. Comme dit Marien du Bleu Caramel: « Soyez heureux et contagieux!»

Fousoi Gourd, foulosophe et niaisologue

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Un commentaire
  1. Esperanza dit :

    Merci de me faire sourire en ce dimanche matin.

    Le bonheur me semble parfois difficile à trouver mais lorsque je te lis, ça semble si simple. :)

    Namasté!

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