12 avril 2008
Stéfane Campbell
D’affirmer que la vie de Liam Cormier et ses confrères des Cancer Bats a basculé depuis la parution de leur premier album Birthing the Giant en 2006 tient de l’euphémisme. Du side project qu’était le groupe au départ, trois années auront suffi pour qu’il se retrouve, non sans un imminent plaisir, tantôt aux côtés de Comeback Kid ou encore d’Alexisonfire à défricher d’autres continents, tantôt (comme ce soir de février) en tête d’affiche – avec les très convoités Gallows en ouverture – en sol nord-américain pour y porter à bout de bras ce hardcore métallisé qu’il s’est vite approprié. Entre deux tournées, il aura tout de même trouvé le temps d’enregistrer les douze féroces pistes qui composent son deuxième album Hail Destroyer à paraître le 22 avril prochain. À quelques minutes de monter sur scène pour un avant-goût, entretien à chaud avec le chanteur de la formation.
Votre deuxième album sortira sous peu. Quels éléments en marqueront principalement l’évolution à ton avis?
L’une des principales différences est probablement que le son est beaucoup plus lourd. À force de tourner et constamment jouer notre matériel live, nous sommes allés naturellement vers une formule plus heavy, des guitares plus lourdes, des vocalises qui crient beaucoup plus. Et nous aimons beaucoup l’intensité qui s’en dégage. Cela dit, nous voulions aussi conserver ces gros refrains que les kids entonnent avec nous en spectacle. Alors nous avons conservé ces éléments dans l’écriture mais disons que le son est beaucoup plus touffu, bonifié.
Vous recherchiez la spontanéité du live?
Oui, tout d’abord parce qu’on était plus conscients du fait qu’on allait devoir le jouer live alors il y a cet aspect mais effectivement rien ici n’a été surjoué. Les pièces sont courtes et efficaces. Nous voulions garder l’esprit rough des concerts. Ce n’est pas métal du fait que ce n’est pas surfait ou surproduit. Nous venons de l’école punk où l’on va droit au but, sans fla-fla. Mais nous avons tout de même inclus plusieurs éléments tirés du métal (les solos, les breakdowns), choses que nous avions moins fait auparavant…
Plus métal, plus punk: important pour toi?
Je crois que nous prenons plusieurs éléments du punk rock, du métal et du hardcore, compte tenu des membres du groupe qui sont tous issus de milieux très variés. Scott (Middleton, guitariste et cofondateur de la formation) est beaucoup plus dans le métal alors que je proviens définitivement de l’univers punk rock/hardcore. Les guitares peuvent avoir des inclinaisons plus métal alors que la batterie est autrement plus hardcore. C’est dans le mélange des genres vraiment que l’on trouve notre propre son.
Et comment avez-vous choisi de travailler avec le label Distort Entertainment?
Il faut s’assurer que les gens avec qui nous travaillons ne sont pas trop éloignés des valeurs de l’éthique punk. Par exemple, le cas du split (split vinyle avec This Is Hell tiré à 1000 copies), c’est le boss du label qui nous a proposé le projet. Je ne crois pas qu’ils soient trop éloignés des grandes lignes de pensées du mouvement. Et on ne peut pas nier que le muscle promotionnel dont nous bénéficions est assez extraordinaire. Il y a une limite à ce que l’on peut faire par soi-même. C’est définitivement un plus d’avoir des gens qui travaillent pour nous sur d’autres territoires.
Tu as d’ailleurs déjà affirmé qu’il était plus difficile selon toi de percer aux États-Unis lorsqu’on était un groupe canadien…
Oui, et c’est d’ailleurs un sentiment répandu chez les musiciens. Je crois que les Américains aiment supporter les groupes locaux, ce qui est tout à fait normal. Et il y a tellement de groupes qui en proviennent qu’ils ne sentent pas nécessairement le besoin d’aller voir ailleurs. Ce n’est pas comme s’ils avaient à se tourner vers l’Allemagne ou même juste le Canada pour entendre des groupes hardcore ou straight edge. Il faut vraiment qu’ils aient la pulsion d’aller au dehors des frontières sans quoi pratiquement tout s’y trouve déjà. Du coup, ça devient tout aussi difficile pour un groupe d’arriver de l’extérieur et de s’immiscer dans la scène. Il y a une centaine de groupes et tu te retrouves à être le 101e sur le lot, il faut vraiment arriver avec quelque chose de nouveau à proposer. (Stéfane Campbell)
Hail Destroyer en magasin dès le 22 avril
www.cancerbats.com
7 mai – Casbah (Québec)
8 mai – Club Lambi (Montréal)
9 mai – Mavericks (Ottawa)