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Bruno Hébert Avant de se garrocher en salle pour voir le dernier film de Philippe Falardeau, quoi de mieux que de s’empiffrer des deux excellents livres de Bruno Hébert qui l’ont inspiré! C’est bien connu, vaut mieux lire le livre avant. Parce qu’après, notre imaginaire est complètement colonisé par les vues et il n’y a plus moyen de se faire aller l’imaginaire. Tout le contraire de Léon, le personnage attachant de cette saga. Lui, il en fabule un coup. Dans le premier roman, paru en 1997, Léon noie la décevante réalité de sa mère partie et de son banditisme juvénile dans un amour mégalomaniaque pour la petite Clarence, avec qui il partage un trésor de gommes Bazooka. Leur odyssée vers un dépanneur éloigné et les larcins qui le jalonnent forment une fable semi-tragique que Léon raconte dans une langue faite pour la rêverie comme pour le mensonge. Dans la seconde partie de ce qui, semble-t-il, deviendra une trilogie, le même Léon raconte sa misère scolaire, sa condition de souffre-douleur et continue à déconstruire la vie en la regardant à travers les lunettes trois foyers qu’il se mérite après avoir feint des problèmes de vision. La décadence est vertigineuse, la langue intempestive et les pires drames se désamorcent à grands coups d’autodérision. Si vous avez aimé, jadis, Le nez qui voque de Réjean Ducharme ou, plus récemment, La petite fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy, vous ne pouvez passer à côté de ces deux romans de Bruno Hébert, opportunément réunis par Boréal en un coffret qui apparaît comme l’incontournable lecture de l’automne.
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