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Semi-automatique
C’est un fait connu: après une année à négliger famille, amant(e)s et amis au nom du scoop, du lancement bar open et de l’information, la gent médiatique (ces individus sans saveur qui contribuent présentement aux taches d’encre sur vos doigts) tourne les coins ronds dès le mois de décembre venu. On en profite donc pour sortir notre bac de compost et lui coller une jolie petite étiquette sur laquelle il est inscrit «bilan». Toujours aussi en avance sur mes compères (ou anxieux, c’est comme vous voulez), j’ai décidé de ne pas attendre la première neige pour vous présenter mes coups de cœur et de gueule des huit derniers mois? Les coups de cœur Radio Radio – Radio Radio (Bonsound): Avec ses efficaces rythmiques daftpunkiennes, mais surtout ses rimes teintées de chiac, le quatuor du Nouveau-Brunswick me rappelle mon premier contact avec le hip-hop en sixième année (avec Kriss Kross, la honte!). Je comprenais à peine les mots, mais c’était drôlement excitant. Puis, contrairement au duo drôlement culotté, Timo et ses potes, eux, n’ont rien d’un feu de paille. Bonjour Brumaire – De la nature des foules (Indica): C’est plus un avis personnel qu’une critique (le nombre de capsules web réalisées avec le groupe trahit mon impartialité en ce qui le concerne), mais le fait demeure que des mois après la sortie du fameux compact, je me surprends toujours à le réécouter de temps à autre et y découvrir encore quelques subtilités. Un bon compact d’indie pop qui, à défaut de ne pas être au goût de l’heure actuelle, fait justement fi de la saveur du jour, voilà tout. Islands – Arm’s Way (Anti-): Le retour qu’on n’attendait plus. Après un premier album plutôt world, le chanteur Nick Thorburn et ses compatriotes reviennent à la charge avec une œuvre drôlement pop (un choix surprenant pour l’éclectique leader des cultissimes Unicorns). Une autre compilation de chansons qui risque de rayer le disque dur de mon iPod d’ici la fin de 2008. TV On The Radio @ FIJM: quoi qu’en disent les puristes, l’édition 2008 du Festival International de Jazz de Montréal fut plutôt rafraîchissante. Bien que RZA et GZA ne fassent pas vraiment dans le créneau visé, leur présence était la bienvenue pour ragaillardir l’événement… tout comme la bande de TV On The Radio qui a livré un spectacle chaud, sexy et enlevant. Les coups de gueule The Black Kids – Partie Traumatic (Columbia): J’ai tellement chanté leur tube I’m Not Gonna Teach Your Boyfriend How to Dance with You (sous la douche, sous les couvertes, sous ta mère) que je ne pouvais qu’être déçu à l’écoute du premier compact des jeunots. C’est bien, très bien, mais je m’attendais à mieux, à plus d’hymnes à gueuler le poing levé, tiens. Je serai néanmoins en train de m’égosiller lors de leur prochain concert en ville sous la bannière Pop Montréal. Scarlett Johansson – Anywhere I Lay My Head (Rhino): Comme quoi, TV On The Radio n’est pas à l’abri des bides. En confiant la réalisation de son dada à Dave Sitek (le binoclar de TVOTR) puis en s’entourant de Nick Zinner (des Yeah Yeah Yeahs) et David Bowie (le gars avec la grosse poche dans le film Labyrinth), Scarlett réussit autant à édulcorer les chansons de Tom Waits qu’elle reprend qu’à scrapper sa tentative de carrière musicale. Scarlett, tu devrais t’en tenir à ce que tu fais le mieux: entretenir mes pensées malsaines lors des nuits froides. Le happening Les pop et rock des FrancoFolies: Bonne idée de demander à des artistes de kararocker sur des succès d’autres (Louise Forestier solennelle sur Dans un spoutnik de Daniel Bélanger, Louis-Jean Cormier dramatique à souhait sur Dormir dehors de Daran), je désenchantais lors des interventions des Moquettes. Alors qu’elles promettaient au Voir du 24 juillet qu’elles allaient trasher la Place des Arts, on a plutôt eu droit à de trop longs numéros d’humour gentillet sous fond de robes de bal. Je n’ai rien de personnel contre les Coquettes (je les jalouse, même), mais je crois quand même que bien que c’est jeune 20 ans, les Francos méritaient mieux qu’une finale de Cégeps en spectacle. À venir lors des prochaines chroniques: on s’attaque à la tempête dans un verre d’eau qu’est Sherbrooklyn en plus de parler du Pitchfork québécois. Questions, commentaires, plaintes? podmodernisme@gmail.com. Sur ce, bon trois quarts d’année et joyeuse fin d’été! www.bangbangtemort.com/podmodernisme
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