|
![]() ARCHIVES
CHRONIQUES
BLOGUES
|
Télémathysme
La plus improbable des bêtes musicales vient de faire son entrée dans la scène locale. Jean-Phi Goncalvès (Plaster) et Betty Bonifassi (Les Triplettes de Belleville, Champion) ont récemment joint leurs forces pour créer Beast, une formation trip hop et expérimentale qui promet de rugir bien au-delà de nos frontières. On finit toujours par l’oublier mais les meilleures idées commencent souvent bien simplement. Un jour, Jean-Phi demande tout bonnement à Betty de venir faire des fils de voix sur quelques mélodies encore en chantier. Elle arrive plutôt avec des textes de son cru qu’elle plaque aussitôt sur les ambiances sonores de Goncalvès. Le résultat est presque instantané. Force est d’admettre qu’ils venaient de mettre au monde un petit Goliath musical qui hurlait de potentiel. «Veux-tu faire un album?», demande alors Jean-Phi à Betty. Poser la question était aussi y répondre. L’album existe mais il ne sortira qu’à l’automne prochain avec Avalanche Productions et une maison de disques canadienne dont on tait le nom pour le moment. Si vous n’étiez pas des foules exaltées qui ont pu voir les premiers pas de la bête sur scène au Lion d’Or, à l’after party du MIMI, ou encore au Divan Orange en mars, rassurez-vous, vous pouvez vous régaler de quelques extraits sur sa page MySpace. Et si vous l’aimez, eh bien, dites-vous que ce ne sont pas les meilleurs. «On garde bien sûr le dessert pour la fin», rappelle Betty, en souriant. Tous les textes ont été créés par cette dernière pour le projet. Ce n’est pas la première fois qu’elle écrit mais, pour bien apprivoiser l’anglais, elle s’est attiré l’aide de la Torontoise Simon Wilcox, l’éloquente plume derrière certains succès de Jorane, Projet Orange et Three Days Grace. Et le choix de la langue n’est pas un hasard. «C’est en anglais parce que l’idée, c’est de taper à l’international», mentionne Betty. Ici, pas de honte ni de fausse modestie devant les véritables ambitions du groupe. Il faut dire que le carnet d’adresses de Betty est plutôt enviable depuis le triomphe des Triplettes. Ce serait bien dommage de ne pas en profiter. Bien sûr, la notoriété des membres du groupe a grandement contribué au succès spontané de Beast. Sur scène, Jean-Phi Goncalvès et Betty Bonifassi sont accompagnés de Serge N. Pelletier (Pawa Up First) et de Manon Chaput (Balthazar) pour former un quatuor des plus électrisants. «On aurait pu faire un duo à la White Stripes mais ce n’est pas ce qu’on cherchait. On veut que le tout soit le plus organique possible en spectacle», souligne Betty. Ça pourrait même devenir un quintette avec l’ajout d’une autre voix. Le groupe n’est pas fixe et la formule se prête plutôt bien à l’expérimentation sur scène. Comme le dit si bien sa chanteuse, Beast, c’est un grand défouloir. «Il y a de la colère mais c’est une colère ancrée dans un espoir qui explose et qui crie.» Avec les rythmes déchaînés de Jean-Phi et la voix endiablée de Betty, on frôle l’état de transe. Assurément, cette nouvelle aventure ne fera qu’affirmer le statut de «Piaf de l’électro» qu’on accorde déjà à Bonifassi. Et de projet en projet, plus éclectiques les uns que les autres, on la suit. Betty aime bien faire éclater les conventions et regagner son public chaque fois. «Plus je les perds, plus je m’amuse». Si les ambitions sont internationales, la première étape dans la carrière de la bête sera tout de même canadienne. Intuitivement, Betty croit que ce sera plus fort en Europe mais l’engouement du départ lui prouve bien que nous, public québécois, sommes tout autant à l’écoute. Nous nourrissons déjà beaucoup de rêves pour cette bête qui démontre, dès ses premiers rugissements, la même force de frappe que Champion. del.icio.usdigg
Pas encore de commentaire.
Laisser un commentaire
|
|
|