CHRONIQUES
L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
Miss scène locale
Le petit tavernier
Sunny Duval
Cabaret Fun Spot / Cheval Blanc
Semi-automatique
André Péloquin
Haute fidélité?
Un pied dans bouche
Ed Hardcore
Satan en taxi
Foulosophie 101
Francois Gourd
Castor et Pollux
Télémathysme
Catherine Mathys
Belle bête
Du haut de la King
Dominic Tardif
Sherbrookoise chronique
Base art visuel
Julie Ledoux
«I have a dream that one day…»
Je zappe et je matte
Jean-Nicolas Labrie
Pour passer mon clip à MusiquePlus…
Ondes souterraines
Stéphane Martel
Le syndrome Club Price
Base Art Visuel
14 mars 2008
Julie Ledoux

Plusieurs expositions prennent l’affiche en mars à Montréal, toutes représentant des artistes aux antipodes les uns des autres. Un mois en mouvement et suspendu dans les airs, où tous les mondes se retrouvent parfois sous un même toit. Quelque six expos à ne pas manquer pour nous sortir tranquillement le nez de la neige.

À Dazibao (centre de photographies actuelles), une exposition de photographies prises par Robin Collyer saura nous remettre les pieds sur Terre d’une part et nous soulèvera brusquement dans les airs d’autre part. L’expo, qui s’intitule Built, propose des œuvres de l’artiste créées au cours des 30 dernières années. On peut donc comprendre que Collyer n’en est pas à ses premiers faits d’armes et connaît bien son métier. Les photographies sont riches d’un mélange de sculpture et de photo. Le travail de Collyer est teinté du paradoxe entre sujet et forme, ce qui rend cette exposition si appelante pour l’intellect du commun des mortels.

La Galerie SAS nous propose trois expositions en trois espaces de la galerie. Natasha Doyon nous présente Rose caves (a silver shadow), une série de peintures portant sur l’individu et le regard personnel qu’elle pose sur celui-ci. Elle nous révèle une grande sensibilité et une imagerie de l’intimité qui ne s’apprend pas. Patrick Bérubé installera Bugs, la matérialisation de chroniques de sa vie personnelle, une perte de contrôle caractérielle. Finalement, Manuel Bujold côtoiera les deux autres avec son exposition Try Harder.

À la Galerie Orange, les peintures de Rafael Sottolichio auront l’effet d’un coup de poing au ventre tant le sentiment de suffocation est présent. Son exposition S’étranger rassemble des êtres à mi-chemin entre la vie et la mort, étrangers à eux-mêmes. En manque de ce souffle qui nous permet de continuer, ils reculent, sont suspendus dans les airs, attendent. Très réussi.

Parisian Laundry nous présente deux artistes complètement différents qui portent un regard biaisé (oubliez le côté négatif du mot) sur le monde qui les entoure. Janet Werner et ses peintures rassemblées dans Too Much Happiness ainsi que Radeq Brousil, photographe aux sujets inusités dans St-Francis comes to Montreal, prennent d’assaut Parisian Laundry en mars et avril.

En terminant, faites un petit détour par l’espace 216 (Pierre-François Ouellette art contemporain) au Belgo pour voir la conjonction de deux visions, celles de Dil Hildebrand et d’Isabelle Hayeur. Cette dernière porte entre autres à l’écran son film Vertige, un trajet impensable vers une mine à ciel ouvert, prise en flagrant délit au Québec. Hildebrand expose ses œuvres dans Long Drop: A Hanging.

Suffisant pour mars? J’espère que vous serez repus et heureux après cette tournée dans quelques-unes des meilleures galeries d’art à Montréal.

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