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Vétéran de la scène techno, le duo anglais Autechre reprend du service avec Quaristice, un disque texturé, touffu (voire un brin éparpillé), aux confluents des élans bruitistes et ambiants. Ce neuvième opus en carrière remporte haut la main la palme de l’album d’Autechre renfermant le plus d’idées musicales différentes. «On ne commence jamais avec une idée précise de ce que l’on désire faire», confie Rob Brown, l’une des têtes parlantes et pensantes d’Autechre. «On découvre des choses en cours de route. La façon dont nous travaillons est de jouer, de jammer ensemble avec de l’équipement (souvent désuet) et de voir ensuite où cela nous mène exactement. C’est clair qu’on veut d’abord et avant tout produire de la musique qui nous plaît. On ne se sent aucunement limités par l’équipement utilisé. Au contraire, cela fait partie intégrante du défi de composition. Ce n’est pas un obstacle véritable», poursuit-il. Un peu plus facile à digérer que ses dernières productions particulièrement chargées sur le plan sonore, Quaristice prolonge l’esthétique sonore des frangins et multiplie les rythmes hachurés et complexes tout en adoptant une structure totalement différente: des morceaux beaucoup plus compacts. «Il s’agit du résultat de notre long processus de travail. On a charcuté des pièces provenant de sessions beaucoup plus longues, des sessions parfois interminables allant jusqu’à une heure! À partir de ces longs morceaux, on a concocté des pièces de 10 à 20 minutes qui à leur tour ont été coupées. Alors qu’on travaillait d’arrache-pied au montage de l’album, on s’est mis à modifier certains détails afin que la séquence des pièces coule mieux. À vrai dire, notre travail ressemblait à celui d’un monteur qui bosse sur un film improvisé, sans script ni histoire. Il fallait trouver un certain sens, une certaine logique à ces lambeaux de pièces», raconte Brown. Productif, le combo nous avait habitués à un rythme effréné (en moyenne un album complet chaque année). Cette fois-ci, il sort de son hibernation trois ans après la parution de l’inégal Untitled en 2005. Des explications, monsieur Brown? «Habituellement, on fait paraître un album, on part en tournée et on se remet à la composition immédiatement après. Cette fois-ci, on a procédé différemment. On est partis en tournée et on s’est éloignés du studio pendant plusieurs mois. Ça ne nous était jamais arrivé auparavant. À vrai dire, on a passé la première année sur la route et on a aussi reconstruit notre studio après un déménagement. Puis, on a enregistré des jams en studio. Les six mois suivants ont servi à monter le matériel. Ensuite, on s’est attardés à l’échafaudage de l’album en entier, ce qui n’était vraiment pas de tout repos avec nos autres activités, dont nos familles respectives», explique le bidouilleur. «Il y a des gens qui pensent qu’il y a un certain concept à cet album, mais ce n’est pas le cas. Ce disque, c’est le résultat de deux gars qui ont jammé en studio et qui ont partagé des idées pendant un an. C’est tout. Il n’y a pas de secret. On a simplement suivi le chemin qu’on devait suivre.» Imprévisible, la bande d’Autechre. (Stéphane Martel) 13 avril – Club Soda (Montréal)
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