CHRONIQUES
L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
Pierre Falardeau n’est pas un raciste
Le petit tavernier
Sunny Duval
À L’Astral 2000
Semi-automatique
André Péloquin
Villes explosives
Un pied dans bouche
Ed Hardcore
C’est novembre, suicide-toi quoi!
Du haut de la King
Dominic Tardif
Goodbye Thibaut
Base art visuel
Julie Ledoux
Ode au changement
Je zappe et je matte
Jean-Nicolas Labrie
La télé vidéo, en stéréo?
Ste-Barbe
Mike Bergeron
La galerie du pont
Jet Set de Ruelle
Hugo Mudie
Hugo Mudie, Animateur GAMIQ 2009
Le petit tavernier
20 août 2008
Sunny Duval

J’ai jamais eu tendance à aller aux danseuses, pasque je trouve le fond pathétique, déprimant, pis les gérants de cet univers m’intéressent pas du tout. Mais ça reste une distraction agréable.

London, Ontario, patrie du club pour «gentilhommes» nommé le Beef Baron (meilleur nom du monde entier, à date). Ça coûte rien pour entrer, sauf que ça prend des cartes d’identité, cartes que j’ai laissées au motel, mais que mon partenaire Hamjello Gropouletpados a sur lui. Il entre. Je boude dehors en fumant. Le portier vient me voir et dit: «You can come in, you look older than me anyway». Super.

Je m’installe à côté d’Hamjello, assis au comptoir bas qui entoure la scène. On est pas mal à portée de main de l’action. La place est pas très remplie, mais y’a plusieurs dounes qui dansent en alternance. Une fois nos bocks servis (de la Canadian à $4), on admire les formes de Georgette (nom fictif), une mince blanche d’environ 19 ans (âge fictif) qui danse sans entrain en regardant dans le vide, sans vraiment se donner. On applaudit quand même après sa performance. Elle est pas mal jolie (pis dans la vraie vie je préfère nettement les ptits seins), mais elle pourrait manger du gâteau un peu plus souvent.

Le gars qui parle dans le micro/disc-jockey annonce la venue imminente de Poulette (nom fictif). Alors là, on a droit à la totale : une noiraude avec des bonnes fesses, sensual à souhait, qui prend son temps, qui lisse le poteau soigneusement de bas en haut, avec toute son imagination. On applaudit souvent. Devant l’enthousiasme d’Hamjello, bave aux yeux, elle se met dos à lui à quatre pattes et agite ses bonnes fesses comme pour faire du vent vers sa grosse face enchantée. Il tape sur le comptoir avec sa grosse main en criant. Poulette se retourne, s’allonge devant lui, se fait glisser vers lui et installe ses jambes sur les épaules dodues d’Hamjello. Elle attrape ses cheveux gras et gémit tout haut, puis s’avance encore plus près et commence à se doigter furieusement à 20 centimètres du nez de mon acolyte. Toute la salle les fixe. Je ris très fort. Je me demande si elle va pas lui gicler dans la bouche, mais non, elle se retire. La toune est finie. L’animateur dit : «C’était Poulette, on applaudit Pouuuuuulette». Hamjello applaudit avec ses grosses pattes moites, ça fait plof plof plof.

Poulette vient parler avec lui, et l’entraîne vers un coin discret pour une performance personnalisée ($10).

Il revient un peu plus tard, souriant. On prend des shots avec la serveuse, qui se promène avec un cabaret de tubes plein d’alcool. Elle choisit une framboise-vodka, le gros prend une téquila poche pis moi un maître Jäger ($3,75 le tube).

Pour se reposer les yeux on va jouer au billard. Georgette passe à côté de nous tounue la voulve à l’air, avec 2 boîtes de pizza pour aller s’asseoir avec ses autres amies tounues manger tranquilles.

Y’a une mulâtre qui parle français. Hamjello plein de courage et d’assurance s’approche avec sa baguette et dit «Heille, t’es Québécoise!» Elle répond : «Oui mais pas maintenant, ça me tente pas». Hamjello déçu revient la baguette entre les jambes. J’en profite pour le démolir au billard.

Plusieurs bocks plus tard ($4 + $4 + $4 +…) on assiste au spectacle de Maman Toton (nom réel), mi-quarantaine fière, une femme qui elle a mangé plein de gâteaux au beurre, une pro qui blague en dansant, qui sourit en faisant plein de tours du poteau avec un seul élan. Maman Toton tu peux nous adopter quand tu veux.

Mais bon, on commence à avoir envie de voir des vraies filles habillées, dans un vrai bar. Hamjello Gropouletpados se lève et salue. On quitte le Baron DuBoeuf. Personne applaudit.

sunny@lesbreastfeeders.ca

del.icio.us del.icio

Facebook Facebook

digg Digg
Pas encore de commentaire. Laisser un commentaire