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Reportages et entrevues
2 décembre 2007
Stéfane Campbell

À l’aube de souffler ses quinze bougies de vie commune dévouée à la musique, événement qui sera marqué par le sceau d’un album-bilan des moments forts du catalogue du groupe, l’heure est à la célébration. À des lunes d’un quelconque essoufflement et après une période plus en retrait de la scène, ils ré-émergent le temps de faire le point sur la situation et de repartir la cadence. Ainsi, bien loin d’adoucir la formule, le combo de Beauharnois n’a rien perdu de la rage qui anime son métissage musical sur fond brutal. Ni même la combinaison en spendex. Entretien avec Éric Poissant, bassiste et membre de la première heure, et Michel, batteur-nouveau-venu.

D’entrée de jeu, la question qui tue: est-ce qu’on se sent vieux? «Ce qui me fait sentir un peu vieux, c’est que de plus en plus, on fait des shows avec des groupes qui nous citent dans leurs influences. Ça, ça fesse». Bien entendu, vaut mieux être cité à titre d’influence que de mauvais souvenir. «Les gens ont reconnu quelque chose qui nous était propre, c’est aussi un signe de santé», se presse-t-on de renchérir.

En effet, signe de santé il y a, surtout lorsque les hommes se remémorent l’état des lieux de leurs débuts comparativement aux multiples avenues qu’on lui connaît aujourd’hui. «La principale différence avec la scène montréalaise aujourd’hui, c’est qu’elle s’est subdivisée. Fut un temps – entre 94 et 2000 – où il y avait une affluence de gens venus de partout qui convergeaient vers Montréal. On recevait des mauvaises critiques, souvent de Toronto, parce que personne ne pouvait mettre le doigt sur ce qu’était un band de Montréal ». Constat drastiquement opposé au climat actuel. «Il y a quelque chose de positif à tout cela, en finale, c’est que la scène montréalaise est bel et bien justifiée et n’a plus de preuves à donner.» Réalité qui ne fait plus de doute.

C’est donc après une période de réflexion qui aura duré plus ou moins un an et quelques changements de personnel que l’idée d’une compilation s’est imposée. «On se fait souvent demander des vieux albums discontinués. On s’est dit que ce serait une bonne façon de ressortir le matériel plus vieux et, du coup, le faire découvrir à ceux qui ne le connaissent pas.» À ce sujet, tous les membres s’entendent d’ailleurs pour dire que leur ultime accomplissement à ce jour demeure Tranquillement les tranquillisants, là où «on est parti de quelque chose de laid pour en faire de l’art, quelque chose d’écoutable, sans compromis». Avis aux non-initiés…

Et la rage, ou l’engagement social, restent les mêmes?
Honnêtement, quand je réécoute des vieilles chansons et réalise que les sujets pourraient encore être d’actualité, je dirais que je suis plus amer, plus cynique. (pause) Quand les choses ne changent pas, il y en a qui posent des bombes. Nous, on est cyniques.

Alors, c’est le cynisme ou les bombes?
(rires) En quelque sorte. (pause) Ça ferait un bon titre de show ça!

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