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Disques
EMI/Fusion 3 Avec l’impratur de Grand Corps Malade, Ami Karim présente Éclipse totale, son premier album de textes issus du slam. Le natif de Saint-Denis débite ses histoires sur des musiques feutrées et jazzy (guitare latinisante, orgue chaude, batterie alerte). C’est parfois carrément funky (la musique de La Meute rappelle les trames sonores de blaxploitation). Le slammeur n’hésite pas à se glisser dans la peau de personnages (un chauffeur d’autobus dans 153) ou à poser un regard amusé sur la vie des gens qui l’entourent (Je la vois comme ça), ce qui inscrit de facto son album du côté de la littérature. Ça se gâte quand les violons débarquent, violons sur lesquels Karim pose des textes plus convenus (Ombre). On lui est malgré tout reconnaissant de ne pas trop souvent tomber dans la morale et de réussir à décrire un passé douloureux avec humour: «dans mon quartier y’a pas de Starbucks / y’a que des blessures indélébiles». (DT)
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