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Reportages et entrevues
5 août 2008
Stéfane Campbell

À la fin de 2006, Albert Hammond, Jr. jetait l’ancre de ce qui allait lancer une carrière solo beaucoup plus importante que ce qu’il aurait pu imaginer. En effet, à la sortie du premier brûlot, Yours To Keep, le jeune musicien – reconnu principalement comme le 1/5 des Strokes – allait s’embarquer dans une tournée mondiale, armé d’un groupe bien à lui et soutenu par une critique très favorable pour ce qui se voulait, au départ, un petit side project. Tandis que les proclamés «sauveurs du rock’n’roll» s’essoufflaient au bout de cinq années de tournées consécutives à vouloir maintenir l’apogée atteinte par leur premier album complet Is This It, Hammond profita donc de la pause qui s’en suivit pour mener à terme les compositions qu’il traînait avec lui depuis si longtemps. Du coup, faisant écho à la réception du premier effort, le guitariste présente ces jours-ci un deuxième effort, plus consistant sur le fond et concis dans la forme, enregistré à New York, of course, avec ses complices de tournée désormais officiellement intégrés au projet. Il nous parle de l’évolution insoupçonnée de son parcours, de même que du fraîchement sorti ¿Cómo Te Llama?.

Fraternité improvisée
«Je n’avais jamais prévu sortir ne serait-ce qu’un album de matériel solo. Ce n’est pas comme si The Strokes avait été un épilogue ou une préparation à tout cela, j’ai toujours composé des trucs pour moi que je ne pensais pas endisquer un jour. Puis l’envie s’est fait sentir quelque part entre deux albums des Strokes. C’est un projet qui s’est construit de façon très spontanée et décousue», répond-il lorsque nous évoquons la source motivant l’entreprise solo. «Le premier album est parti d’une proposition très simple – un gars/une guitare – pour finalement se conclure en sessions avec un groupe qui prenait forme au fil de prises et avec qui je me découvrais une réelle complicité. Et puis ont suivi les tournées. C’est évident qu’il était plus intéressant de retourner en studio cette fois-ci avec le groupe au premier plan et travailler tous ensemble dès le départ.» Jamais bien loin finalement l’idée de rassemblement.

«Cela dit, l’expérience est complètement différente de ce que je fais avec The Strokes. Disons que j’apprécie beaucoup d’avoir la chance de travailler en deux temps.» Deux poids, deux mesures ajouterions-nous alors que le guitariste rythmique de l’un se retrouve à la tête de l’autre. «Je ne pense pas à moi à titre de chanteur mais bien à titre de musicien. Je me suis retrouvé dans cette position par la force des choses. J’aime jouer entre amis, partager des idées et, pour les besoins de la cause, je me suis retrouvé à endosser les partitions vocales plus souvent qu’autrement. Et à y prendre un certain plaisir.»

À des lieues d’Œdipe
Entre humilité et ambition, Hammond, Jr. admet tout de même avoir toujours poursuivi le rêve de jouer «sa» musique au grand jour. «J’ai toujours su que j’allais faire de la musique dans la vie. Quand j’ai découvert Buddy Holly, je savais qu’il fallait que je m’y mette. Et bien que je n’avais aucune idée de la forme que cela pouvait bien prendre – et je n’en suis d’ailleurs toujours pas si certain –, il était clair que je devais être musicien. Le nouvel album est une aventure, un album qui se laisse découvrir tranquillement, au fil des écoutes. C’est une trame qui se transforme petit à petit. De mon point de vue, c’est un son qui est beaucoup plus libre de ses conventions que tout ce que j’ai pu composer au préalable.»

Évidemment, nous devons, lorsque nous creusons le filon historique du jeune homme, aborder l’angle du patriarche qui l’a vu naître. Descendant d’Albert Hammond (duh!), fiston a tout de même grandi les deux pieds bien ferrés dans la musique. Et ce, bien que l’influence de It Never Rains In Southern California semble trouver des échos assez réservés dans ce qui caractérise le corpus musical de Hammond, Jr. «Je dirais spontanément qu’il n’y a aucune forme d’alliance entre son travail et le mien mais ça serait injuste. Je lui dois tout de même le fait d’avoir été encouragé à travailler sur ma musique, ce n’était pas quelque chose de futile ou de surréaliste pour lui. Pour ce qui est de sa propre musique, j’apprécie l’écouter quelques fois mais je ne peux pas dire que c’est une musique qui me rejoint réellement.» Et nous pouvons comprendre.

En conclusion, quelles sont les impressions du rockeur quant à sa présence récente dans la presse people au bras de Agyness Deyn, ze top-modèle «ambassadrice de la youth culture»? «Ça peut être amusant d’y trouver de bonnes photos mais je dois dire que je ne lis pas vraiment ce genre de presse. C’est d’ailleurs surprenant de constater à quel point plusieurs personnes dont je n’aurais jamais même imaginé l’intérêt lisent ces trucs. Des amis très proches de moi! Mais au final, l’ampleur que je vais lui accorder déterminera les proportions que ça prendra dans ma vie, tout simplement. Et ça m’importe si peu. Je suis heureux avec elle, point final.» Définitivement libre de ses conventions. (Stéfane Campbell)

www.alberthammondjr.com

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