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Reportages et entrevues
Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis le dernier passage d’Against Me! en sol montréalais. C’était il y a un an quasi-jour pour jour alors que le bien nommé New Wave suscitait déjà les passions malgré une sortie repoussée au 10 juillet 2007, soit quelque quatre mois plus tard.Et les dix brûlots qui le composent, expédiés telles dix missives en tout juste trente minutes, auront été tout ce qu’il fallait au quatuor floridien de Gainesville pour alarmer les puristes et séduire la critique. Avec souvent fort peu de nuances d’un côté comme de l’autre. Mise au point avec Tom Gabel, l’homme derrière la bombe. Génération désenchantée «Avec les années, surtout considérant nos débuts, nous avons attiré les foudres de plusieurs personnes qui n’acceptent pas le genre de changements que nous avons connu. Et je ne suis pas certain de comprendre exactement pourquoi mais c’est comme si nous devions constamment justifier les raisons pour lesquelles nous faisons ceci ou cela. Ça devient complètement ridicule», se contentera d’en dire un Gabel réfractaire à la question. D’autant plus qu’avant de passer devant les tribunaux, l’omerta est de mise, atrophiant sèchement le propos que l’on sent fragile. Difficile toutefois de passer sous silence la réflexion que de telles répercussions engendrent, à savoir lorsque le méta (statut de musicien) prend le dessus sur la fonction première (la musique) de l’équation? «Ça devient carrément insultant à un certain moment. Prenons l’exemple de MySpace sur lequel je dois me faire un devoir d’aller chaque jour au moins une heure, souvent deux, pour répondre aux messages qui nous sont envoyés sous peine de se faire accuser de vendus ou de produits qui n’opèrent même plus vraiment leur site. Il semble clair que ça ne concerne plus vraiment le cœur de l’entreprise. Il faut surtout ne pas oublier que d’être musicien à la base n’a rien à voir avec tous ces artifices qui emboîtent malheureusement souvent le pas à l’essentiel de nos jours.» Puis un regain se fait finalement sentir en abordant la question de l’écriture. «Il est clair que les textes viennent en premier. Après quoi je travaille une mélodie sur la guitare acoustique et on termine le tout en groupe. Je carbure surtout à vouloir écrire des textes qui soient le plus fluides possible. À la limite, je me fous un peu de la musique elle-même, c’est avant tout les paroles qui m’importent et ce, tant du point de vue du musicien que de l’auditeur. Je ne peux pas supporter des textes insignifiants ou incompréhensibles. Je recherche avant tout une forme de dialogue. J’aime beaucoup écrire, c’est ce qui m’a principalement emmené vers la musique. À l’époque de Misanthrope [fanzine anarchiste autoproduit par Gabel il y a quelques années], j’écrivais énormément: poésie, nouvelles, textes journalistiques. C’est vraiment mon ancre première. D’ailleurs, l’une de mes formes d’écriture préférées est sans doute le journalisme. D’une part, parce qu’il y a un sujet prédéterminé à l’avance, ce que le paresseux en moi apprécie beaucoup, et d’une autre, bien sûr, pour le fait d’informer. La notion de dialogue dans l’écriture journalistique est à son état le plus brute.» Et voilà qui nous rapproche de cet «essentiel» évoqué plus haut. D’autant plus qu’au final, les retombées n’auront pas été que négatives dans l’aventure New Wave, loin s’en faut. Encensé de par le globe au sein de la presse musicale, l’album a terminé l’année en tête de peloton du palmarès annuel du magazine Spin. Performance impressionnante considérant le genre nettement plus circonscrit du groupe aux côtés de Radiohead et autres Arcade Fire, plus habitués à ce genre de mentions. «Nous avons travaillé très fort sur l’album et nous voulions frapper un grand coup mais jamais nous n’aurions pu imaginer attirer l’attention comme il en fut. Cela dit, c’est bien sûr très flatteur.» En effet, un très bon contrepoids. «C’est étrange d’osciller constamment entre deux extrêmes de la sorte mais nous sommes à la fois surpris et fiers des réactions provoquées. Quelles qu’elles soient.» De ce fait, l’intention était à la mesure de la proposition: tout balayer. Sans demi-mesure.
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