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Le petit tavernier
Pas de taverne today. Je vous emmène à la campagne. À la demande de mon pote Olymel Couldu, je jouerai à la guitare au sein de son orchestre western engagé pour les festivités du 100e anniversaire de Ste-Euphémie. On est le 1er juillet mais y’a aucune mention d’une autre fête qui pourrait avoir lieu un 1er juillet. On quitte Québec Cité à bord du bolide solide piloté par Gontrand McEnzyme qui zigzague à 140 entre les mailles de la chaîne d’obstacles sur l’autoroute. On finit par trouver ce village, couvert d’un chapiteau rayé rouge ou jaune. Vu que je me suis levé trop tard pour le déjeuner chez Olymel et Vulverine la X-Woman, j’ai superfaim et trouve rapidement la cantine. Hot-dog rôti et pain à viande (?), $1,50 chacun, iront s’asseoir au fond de l’estomac. Le pain du pain à viande laisse couler partout sur mes jeans la viande hachée qu’il contient. Sous le chapiteau, tables, chaises et villageois éparpillés, canettes à la main, country à l’oreille. Y’a 2 bonnes femmes assises aux commandes d’un méga St-Tite-iseur du futur qui chantent de tout: des classiques de Larry-Chantal Toupin, Gabrièle DesTwilightZones, Normal Bradwaite, Corbonium, Nicole A. Chuconne, Maria Pelchien, même Frite Frotin mon ami. Tout ça nage dans une sauce country et/ou cha-cha. Quelques heureux dansent en ligne sur le plancher de bois. À un moment, un bonhomme balaie ledit plancher, soulevant un nuage épais. Entre 2 succès, Aline-la-chanteuse-en-chef lui lance cette phrase dans le micro: «Heille Monsieur qui passe le balai, c’est dur pour la gorge votre balayage. Si ça continue ça va me prendre un ramonage de gorge. M’a m’faire faire ça sur l’heure du souper, j’cré bin.» Impossible d’éclater de rire, on a la bouche trop bée. Heure de souper. Ça coûte $20 pour manger du St-Hub et assister à notre concert western. Pas sûr. Dring-dring-dring que désirons-nous? Une poutine italienne au casse-croûte du coin. Le menu nous souhaite «Bon ppétit.» En-dessous de guédille, c’est écrit: moineau $3,50. Bof, je prendrai pas de chance. Arrêt à l’église, où y’a un atelier de trappage. Le trappeur nous montre des peaux d’our, de renard, de loup (ou de chien?), un piège à our. Le petit Jésus me regarde de travers. Je sors. Retour au chapiteau où ça sent la grosse poule morte à plein nez. On file s’installer dans la boîte d’un camion de location, notre loge pour la soirée, où on peut descendre des Poors Light à l’abri de la pluie avec Vulverine et le reste de l’orchestre. On rit de l’éclair bleu qui indique la froideur de la bière, et des slogans de merde comme «Folsom Dry bière de Serge». Qui invente ça?? L’organisatrice des festivités nous invite sur scène. Couldu sort sa voix la plus grave. Je l’accompagne en faisant semblant de connaître les chansons. Les danses en ligne avortent à cause de la courteur de nos pièces. Pas le temps de développer. Un petit garçon bourré de sucre lance des bonbons à nos pieds et revient après vérifier si on les a mangés. Ensuite il se met devant nous et fait le chef d’orchestre. Puis il monte à côté d’Olymel et se jette en bas de la scène, danse saute court en rond. Splendide. La fille hot du village danse comme une furie en avant, les yeux cloués sur nous. Elle crie sans arrêt «Grosse rivière! Chantez Grosse rivière!» Aussitôt qu’on l’a jouée, elle recrie «Chantez Grosse rivière!!» Bonne folle. On termine avec un rappel de feu.
2 commentaires
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28 octobre 2007
wow t’a des beaux souvenirs. Une chance qu’il y en a d’autres qui en ont des meilleurs que toé.
12 mai 2008
bin, le Pain à Viande que j’ai ramené dans la poche de mon manteau, c’est un pas-pire souvenir qui trône sur ma tablette depuis.